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Dès lors, ils refusèrent de marcher. A cette nouvelle, Maximien, qui se trouvait non loin de là, ordonne de décimer deux fois la légion. Cette cruelle mesure restant sans effet sur le reste, et Maurice, commandant de la légion, ayant déclaré à l'empereur qu'ils étaient tous disposés à mourir plutôt qu'à manquer si peu que ce fût à leur devoir vis-à-vis de Dieu, l'empereur exaspéré les fait entourer par le reste de ses troupes, et la légion tout entière, posant ses armes, se soumet sans résistance à la mort. Et c'est pourquoi, depuis, on donne à cette ville le nom de Saint-Maurice. Ces faits auraient eu lieu en 286, c'est-à-dire l'année même où Maximien fut associé comme Auguste à Dioclétien. Les preuves qui les établissent sont d'une extrême faiblesse. En outre, et sans parler de cette circonstance qu'il n'en est point fait mention avant l'an 520, il se trouve qu'un fait analogue se serait passé en Syrie. Un tribun militaire grec, également nommé Maurice, y aurait été martyrisé avec soixante-dix de ses soldats \
Nous avons déjà cité deux exemples de soldats chrétiens se soumettant à la mort plutôt que de manquer à leur conscience. Le premier était celui de Marin, qui fit une noble confession du nom du Christ, bien qu'il dût lui en coûter et son rang et la vie ^ Le second,
1. Robertson, I, p. 144. Gieseler, K. G., I, 216, note p. — Tous ceux qui ont visité Cologne connaissent l'ancienne église de Saint-Géréon, où la tradition du martyre des Thébains s'affirme encore sous une autre forme. L'église est garnie d'ossements innombrables, qu'on prétend être ceux de Géréon et de ses camarades de la légion thébaine. Leur martyre aurait eu lieu — nouvelle variante — sous Dioclétien. La partie inférieure des murs de l'église est garnie de pierres tombales, sur lesquelles on peut lire des inscriptions grossièrement sculptées. Voici l'une d'elles : Thebeor [u7n] xn corpora et plura reconduntur hic. Douze corps et plus des Thébains sont ensevelis ici.