Apologie, ch. m
2. On ne sait rien d'une persécution générale à Rome à cette époque.
même endroit? Notre Dieu ne peut être circonscrit clans un seul lieu ; il est invisible, il remplit le ciel et la terre; les fidèles peuvent donc l'adorer et le glorifier partout. — Rusticiis : Mais où réunissez-vous vos propres disciples? — Justin : J'habite au-dessus d'un certain Martin, aux bains de Timothée. Si quelqu'un désire venir chez moi, je m'entretiens avec lui de la vérité.
Tous les compagnons de Justin déclarent également qu'ils sont chrétiens. Le préfet les menace de mort. Supposez-vous, demande-t-il à Justin, que si vous êtes battus de verges, puis décapités, vous monterez au ciel pour y recevoir une récompense? — Non, répond Justin, je ne le suppose pas; je le sais et j'en suis pleinement convaincu, — Alors Rusticus s'adressant à tous les accusés leur dit : Sacrifiez aux dieux! — Justin : Aucun homme de sens ne tombera de la piété dans l'impiété. — Rusticus : Si vous n'obéissez pas, vous serez punis sans miséricorde.
Aussitôt tous les prisonniers, remplis de foi et de l'esprit de leur Seigneur crucifié s'écrient : Faites ce que vous voudrez : nous sommes chrétiens et nous ne sacrifierons pas aux idoles!
Sur quoi Rusticus prononce la sentence suivante : Que tous ceux qui ont refusé de sacrifier aux dieux et d'obéir aux ordres de l'empereur, soient battus de verges et décapités, conformément aux lois.
Et, en effet, après avoir été battus, les prisonniers furent menés au lieu du supplice, où ils moururent en rendant gloire à Dieu. Leurs corps furent secrètement enlevés par les fidèles et décemment inhumés (165?) K
1. Le martyre de saint Justin Martyr (et autres) à Rome, dans VAnte- Nicetie Library.
l'église primitive 57 Justin a laissé trois ouvrages : deux Apologies et le Dialogue avec le Juif Tryphon. La première Apologie est adressée à l'empereur Antonin le Pieux, au Sénat et ' au peuple romain; la seconde au Sénat, du temps de Marc-Aurèle. La première est un appel en faveur des chrétiens de toute nationalité, haïs et maltraités injustement à cause de leurs croyances. Il parle en leur nom parce qu'il est un des leurs. Il l'adresse à ces hommes qui, se donnant eux-mêmes le nom de philosophes, d'hommes pieux, de défenseurs de la justice et amis des lumières, doivent l'écouter avec une plus grande attention. Ce n'est pas, leur dit-il, pour vous flatter, que nous nous adressons à vous, mais pour vous prier de vous informer avec soin et impartialité de ce qui nous concerne et de porter un jugement équitable. Nous demandons qu'une information soit faite au sujet des crimes qui sont imputés aux chrétiens. S'ils sont prouvés, qu'on les punisse; s'ils ne le sont pas, la saine raison vous défend de laisser maltraiter des innocents à cause des préjugés du vulgaire. Vous leur faites moins de tort qu'à vous-mêmes, puisqu'au lieu d'obéir à la justice, vous vous laissez entraîner par la passion. — Et après avoir défendu les chrétiens et expliqué leur doctrine, il conclut : Si tout ce que nous venons de dire vous paraît conforme à la raison et à la vérité, respectez-nous. Si vous n'y voyez que des insanités, mépriseznous comme des esprits faibles; mais en tout cas, ne nous traitez pas en ennemis, ne nous condamnez pas à mort. Nous vous le prédisons, vous ne sauriez échapper au jugement de Dieu, si vous persévérez dans l'injustice \