I" Apologie, ch. i-in, lxviii
Nous aurons souvent l'occasion, dans les chapitres qui suivent, de nous appuyer sur les précieux ouvrages de Justin. Mentionnons-en toutefois, dès à présent, une particularité. Justin était né en Orient et, comme les Orientaux en général, il aimait à trouver un sens symbolique dans l'Écriture. En voici un exemple : Tryphon lui demande pourquoi Christ a été pendu au bois, alors que ce genre de mort entraîne la malédiction? Et Justin répond : Moïse a indiqué tout le premier , en étendant ses bras lorsqu'Israël combattait contre les Amalécites, le signe de cette apparente malédiction. C'est parce qu'il a fait la figure de la croix, et parce que quelqu'un qui portait le nom de Jésus (Josué ?) était aux premiers rangs de l'armée Israélite, que les Israélites ont vaincu, et non pas à cause de la prière même de Moïse. — Encore plus bizarre ou, pour mieux dire, encore plus absurde est sa découverte du type de la croix dans les cornes de l'unicorne \
Cette recherche du symbolisme se rencontre dans toute la littérature primitive de l'Église, dont les auteurs furent presque tous Orientaux, au moins pendant plusieurs générations. Donnons-en un autre exemple. Un des ouvrages les plus populaires parmi les premiers chrétiens, était l'Épître de Barnabas, écrite probablement avant la fm du f ' siècle, et dont l'auteur est resté inconnu ^ C'est un traité de peu de valeur et qui abonde en interprétations allégoriques et plus ingénieuses que
1. Dialogue avec Tryphon, ch. xc, xci. — Une des comparaisons de Justin est plus conforme à la vérité biblique. C'est celle où il compare l'agneau pascal tout prêt à être rôti au Christ mis en croix. Une lame de fer, dit-il, traverse le corps de l'agneau dans sa longueur; une autre est appliquée en travers du dos, et les pattes de devant (x£îp£î) y sont liées. Ch. XL.