‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 36 sur 324 · Tatien, Discours aux Grecs, ch. xxix · texte numérisé non relu

Tatien, Discours aux Grecs, ch. xxix

tères, et que j'eus assisté aux cérémonies pratiquées par des gens efféminés^et des androgynes, je trouvai, parmi les dieux de Rome, Jupiter et Diane se délectant dans le sang et Fhomicide, et partout quelque démon poussant au crime. Alors, rentrant en moi-même, je me demandai comment je pourrais faire pour trouver la vérité. Tandis que j'étais sous l'empire de ces préoccupations, je fus assez heureux pour rencontrer quelques ouvrages écrits par des barbares ^ , bien plus anciens que les systèmes des philosophes grecs, bien trop divins pour être comparés à leurs erreurs. La simplicité du style et celle des auteurs eux-mêmes, leur connaissance des événements futurs, l'excellence de leurs préceptes 6t l'affirmation de l'unité de l'Être qui gouverne toutes choses gagnèrent ma confiance. Mon âme fut éclairée par Dieu; je compris que les écrits des philosophes grecs nous menaient à une condamnation certaine, tandis que ces livres divins mettaient un terme à toutes nos servitudes, nous affranchissaient de tous les princes et tyrans, et nous donnaient à nouveau ce que nous avions déjà possédé, peut-être, mais ce que nos erreurs nous avaient empêché de conserver. »

Après la mort de Justin, Tatien se laissa malheureusement entraîner au gnosticisme. Il se rendit à Antioche et y fonda une secte d'ascètes. La rigidité de leur morale leur fit donner le nom d'Encratites. Tatien mourut quelques années plus tard.

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