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4. Organization of the Earlij Christian Churches, lect. IV, p. 91.
ion, réduisant rAncien Testament à n'être plus qu'une fantastique allégorie, il ajoute : « Naturellement, pour ceux qui raisonnaient ainsi, les récits évangéliques n'étaient plus qu'un thème à interprétations allégoriques. Sans doute, pour les intelligences ordinaires, pour ceux qui ne voyaient que par les yeux du corps. Christ était un personnage réel, ayant vécu, étant mort, étant monté au ciel ; les communautés chrétiennes étaient les assemblées visibles de ses disciples, et les vertus chrétiennes, certaines habitudes de l'esprit se traduisant par certains actes. Mais pour les spirituels, les esprits élevés, pour ceux que la raison éclairait et guidait, tout cela n'était plus que la fantasmagorie d'un mystère. Les actions attribuées au Christ étaient le jeu de puissantes forces spirituelles en conflit; l'Église, une émanation de Dieu ; les vertus chrétiennes, des phases de l'illumination intellectuelle, unies par des liens essentiellement faibles aux actes matériels ou même entièrement indépendantes d'eux. Bientôt le cercle s'élargit. Des abstractions prirent peu à peu une forme matérielle, se mêlèrent et se combinèrent comme les images d'un songe fugitif. Une nouvelle mythologie se créa, où Jupiter et Vénus, Isis et Osiris s'appelèrent l'abîme et le silence, la sagesse et la force. Le christianisme cessa d'être une religion et devint une théosophie; il cessa d'être une doctrine pour se transformer en une sorte de poème platonicien ; il cessa d'être une règle de conduite et devint une cosmologie. »
Il ne faudrait pas croire, toutefois, que tous les gnostiques fussent des visionnaires. Sous ce nom collectif étaient comprises une foule de variétés et de doctrines et de conduite. Sans doute quelques Gnostiques méri-
tèrent laccusation de blasphème; d'autres s'introduisirent dans les familles et détruisirent la foi des faibles; d'autres s'abandonnèrent à la licence ^ ou se firent remarquer par l'exagération de leur ascétisme %• mais, à côté de ceux-là, il y eut de nombreux gnostiques dont le zèle et la manière de vivre pouvaient être cités en exemple aux orthodoxes. On peut dire, cependant, d'une manière générale, que les gnostiques étaient les membres de l'Église les plus rapprochés du monde païen. <i Ils étaient, dit Gibbon % les plus polis, les plus savants et les plus riches des chrétiens. » A une époque où on ne comptait presque point d'auteurs orthodoxes, ils déployèrent une prodigieuse activité littéraire ^ « Mais, comme le fait remarquer Milman % ils étaient si persuadés de leur pureté intellectuelle et spirituelle, qu'ils ne se faisaient aucun scrupule de prendre part aux cultes établis, tout en affichant le mépris qu'ils avaient pour eux, et ne refusaient pas de manger des viandes sacrifiées. »
Il ne faudrait, cependant, pas croire que tout ce que l'Église condamna comme hérétique à cette époque le méritât également. Le Montanisme, par exemple, différait essentiellement du Gnosticisme. x4l vrai dire, il était une réaction, une protestation contre lui K
Montanus était né en Phrygie. Ses doctrines se répandirent dans l'Occident aussi bien que dans l'Orient,