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OU LA CÈNE DU SEIGNEUR

Nous avons esquissé, jusqu'ici, Thistoire des chrétiens pendant les deux premiers siècles. Gherclions maintenant à nous rendre compte de ce qu'étaient leur culte et leur organisation ecclésiastique.

« Quand les membres d'une synagogue, dit Hatch arrivaient à la conviction que Jésus était le Christ, ils n'avaient rien à modifier à leur vie religieuse habituelle...., ils pouvaient continuer à pratiquer le même culte qu'auparavant. La célébration hebdomadaire du jour de la résurrection s'ajoutait à la célébration habituelle du sabbat, mais ne la remplaçait pas. La lecture de la vie de Christ et des lettres des apôtres venait s'adjoindre à celle des prophètes et à l'antique chant des psaumes, mais ne les remplaçait pas. « Cependant ces derniers étaient parfois entremêlés d'hymnes chrétiens composés dans ce but.

De même lorsque des Gentils se joignaient à la com-

i. Organizatton of the Early Christian Churc/ies, lect. III, 59, 60.

munauté, rien ne changeait pour cela. Il était au moins aussi important qu'ils fussent au courant des révélations de Dieu sous TAncienne Alliance , qu'il rétait d'éclairer pleinement Juifs ou Païens sur la doctrine du Christ et l'Alliance Nouvelle. D'ailleurs, la rareté et le prix des manuscrits, la pauvreté de la plupart des chrétiens et le fait que tous ne savaient pas lire, faisaient que beaucoup d'entre eux n'avaient pas d'autre moyen de connaître les livres sacrés, que d'en entendre la lecture. C'est ce qui explique l'apparition de traductions latines à des dates fort reculées. Dans les Églises, où le grec ni le latin n'étaient compris, comme, par exemple, dans celles de certaines villes d'Egypte ou de Syrie, on avait des interprètes attitrés. Ainsi en avaient eu les synagogues juives ^

Des exhortations et des explications d'une grande simplicité suivaient ces lectures. Ceux qui les faisaient devaient se rappeler de parler « selon les oracles de

Dieu et selon que Dieu communique ^ » 11 en était

de même pour les prières. Elles jaillissaient du cœur et reflétaient les besoins du moment. On ne rencontre dans l'Église primitive aucun formulaire de prières quelconque. Nous prions, dit Tertullien % « les yeux levés au ciel, les mains étendues parce qu'elles sont pures, la tête nue parce que nous n'avons à rougir de rien, sans ministre qui nous enseigne des formules de prières, parce que c'est le cœur qui prie. » Aussi loin

1. Néander, I, 419. « A cette époque primitive, dit Augustin, quiconque pouvait se procurer un manuscrit grec, se mettait à le traduire, pour peu qu'il se figurât savoir le grec et le latin. » De christiana doctrina, liv. II, ch. xi, 16.

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