Tertullien, Apologie, ch. xxx
qu'on puisse remonter, la prière du Seigneur elle-même ne forme pas un des éléments ordinaires du culte. Le Nouveau Testament n'en parle pas, et les plus anciens écrivains ecclésiastiques jusqu'à Tertullien ne font aucune allusion à un usage de ce genre K
L'exercice du ministère n'était pas seulement accordé au lecteur ou à Tinterprète, ou même aux presbytres, prédicateurs attitrés de la communauté. Lorsque, le jour de la Pentecôte, le Saint-Esprit descendit sur les disciples de l'un et de l'autre sexe et qu'ils commencèrent à parler diverses langues, Pierre déclara aux Juifs qu'ils assistaient à l'accomplissement de la prophétie de Joël relative à l'effusion de l'Esprit sur toute chair ^ Ces dons spirituels ainsi prédits et ainsi accordés continuèrent à se manifester librement dans l'Église pendant une certaine période de temps. Nous lisons dans la première Épître aux Corinthiens, que lorsque les congrégations s'assemblaient, l'un avait un cantique, l'autre une instruction, d'autres une langue, une révélation ou une interprétation. Les femmes n'étaient point exclues. Sans doute l'apôtre leur défend de parler, c'est-à-dire, probablement, de poser des questions ou peut-être d'enseigner : mais, d'autre part, il leur reconnaît le droit de prophétiser ou de prier dans l'assemblée, puisqu'il dit qu'elles ne doivent pas le faire la tête découverte ^
Le chapitre xviMel'Épître aux Romains nous indique, d'ailleurs, toute la part de travail qui incombait aux femmes dans ces jours de vigueur et de simplicité de
1. Lyman Coleman, Christian Antiquities, ch. x, § 9, et la note.