Ch. Lxvu
de grâces de nous avoir jugés dignes de recevoir de si grands dons. Lorsqu'il termine, tous les assistants disent : Amen. Gela fait, ceux que nous nommons les diacres donnent à tous les fidèles présents une part du pain et du mélange d'eau et de vin, au sujet desquels les actions de grâces ont été rendues; ils en portent également aux absents.
« Cette nourriture, nous l'appelons l'Eucharistie. Personne n'est admis à y participer, s'il ne croit à la vérité de la doctrine, s'il n'a reçu le baptême pour la rémission des péchés et la régénération, s'il ne vit, enfin, comme Christ le commande. Car ce pain et ce vin ne sont pas pour nous du pain et du vin ordinaires. Mais de même que Jésus-Christ notre Sauveur fut fait chair par la parole de Dieu, et posséda en vue de notre salut et la chair et le sang; ainsi, on nous enseigne que ce pain et ce vin, sur lesquels ont été prononcées les paroles d'actions de grâces du Sauveur lui-même, et qui, en se transformant, nourrissent notre chair et notre sang, sont la chair et le sang de ce Jésus-Christ fait chair ^. »
Dans le Dialogue avec Tryphon, Justin va encore plus loin. Il compare, suivant sa méthode allégorique, le pain et le vin aux offrandes légales des Juifs, et emploie, en parlant du pain et du vin, le mot de sacrifice. « L'offrande de fleur de farine imposée à ceux qui étaient guéris de la lèpre était, dit-il, une figure du pain de l'Eucharistie Dieu dit, par la bouche de Malachie :
Car depuis le lever du soleil jusqu'à son couchant, mon nom est grand parmi es nations et, en tout lieu, on