Apologie, ch. xxxix. ïrad. de Gourcy
qu'un a mérité d'être retranché de la communion des prières, de nos assemblées et de tout ce saint commerce. Des vieillards [anciens] président : ils parviennent à cet honneur, non par argent, mais par le témoignage d'un mérite éprouvé. L'argent n'influe en rien dans les choses de Dieu*; et si l'on trouve chez nous une espèce de trésor, nous n'avons pas à rougir d'avoir vendu la religion. Chacun fournit tous les mois une somme modique, ou lorsqu'il le veut, s'il le veut et s'il le peut; on n'y oblige personne ^ : rien de plus libre que cette contribution; c'est un dépôt de piété qu'on ne dissipe point en repas et en débauches : il n'est employé qu'à nourrir et à enterrer les pauvres, à soulager les orphelins sans bien, les domestiques cassés de vieillesse, les malheureux qui ont fait naufrage. S'il y a des chrétiens condamnés aux mines, détenus dans les prisons ou rélégués dans les îles uniquement pour la cause de Dieu, ils y sont entretenus par la religion qu'ils ont confessée.
« Il se trouve néanmoins des gens qui nous font un crime de cette charité. « Voyez, disent-ils, comme ils s'aiment; >» car, pour nos censeurs, ils se haïssent tous. « Voyez comme ils sont prêts à mourir les uns pour les autres ; » pour eux, ils sont plutôt prêts à s'entr'égorger. Quant au nom de frères que nous nous donnons, ils ne le décrient que parce que chez eux tous les noms de parenté ne sont que des expressions trompeuses d'attachement De véritables frères sont ceux qui reconnaissent pour père le même Dieu, qui ont reçu le même esprit de sainteté, qui, sortis du sein commun de l'igno-