Dialogue de Tryphoii, ch. xiv, xxix
2. De la couronne, ch. m. De nos jours encore, en Syrie, des membres des églises orientales dégénérées ne se lavent pas pendant des> mois et des années, de peur d'effacer leur baptême.
acte matériel en ce sens que nous sommes plongés dans Teaii, a cet effet spirituel de nous délivrer de nos péchés. On nous impose ensuite les mains, en invoquant le Saint-Esprit en notre faveur.... et, à ce moment, l'Esprit de sainteté descend librement du Père sur nos corps purifiés et consacrés. » « Ainsi, ajoute-t-il avec un accent de triomphe, ainsi, sans aucune pompe, sans aucune préparation extraordinaire^ sans frais, un homme descend dans Feau, y est plongé, puis en sort après que quelques mots ont été prononcés. Chose incroyable ! tandis que son corps a été à peine purifié, s'il Fa même été du tout, cet homme possède désormais la vie éternelle »
Le traité du Baptême est dirigé contre les sectateurs d'une certaine Quintilla, qui avait prêché l'Evangile à Garthage un peu auparavant. Tertullien s'y montre sévère et même grossier envers les membres de cette secte, qui rejetait le baptême d'eau comme inutile et considérait que la foi seule, comme du temps d'Abraham, suffisait au salut ^ A cette même époque, d'autres sectes encore rejetaient et le baptême d'eau et l'Eucharistie. Ainsi les Ascodrutes, qui soutenaient que les divins mystères, étant les images de choses invisibles, ne pou-
1. Bu baptême^ ch. vn, viii. Ihid., ch. ir. Hippolyte (+ 238) se laisse aller à ce même langage hyperbolique. Interprétant, aussi peu exactement que Justin, Esaïe I, 18, il dit : Remarquez, chers frères, comment le prophète a parlé d'avance du pouvoir purifiant du baptême. Celui qui, rempli de foi, descend dans la piscine de la régénération, renonce au diable et s'attache à Christ, en sort aussi brillant que le soleil, et étincelant de justice. » Discours sur la sainte Théophanie, ch. x.
2. Ch. I. Il appelle Quintilla une vipère, et dit que de tels reptiles recherchent les endroits desséchés et sans eau. « Mais nous, dit-il, nous sommes comme des petits poissons, et à l'exemple de notre 'Ix9^ç> Jésus-Christ, nous naissons [de nouveau] dans l'eau, et n'avons pas de salut ailleurs, m 'I^Qu; signifie poisson, et ses lettres sont les premières des mots : 'I-^aouç XpiaTrbç ©eoO Ytoç SwTYip, Jésus-Christ Fils de DieuSaumur. Ce rapprochement fantaisiste fit du poisson un emblème chrétien.
vaient être représentés par des éléments visibles, ni ce qui est incorporel par ce qui est corporel ou visible, mais que la rédemption complète est la connaissance vraie de tout ce qui existe \ On les considérait comme des gnostiques, et il est bien possible qu'à côté de leurs idées vraies ils défendissent de nombreuses erreurs. Mais il est non moins possible que ce fut leur protestation contre le ritualisme envahissant qui leur valut cette censure imméritée.
Citons encore les Séleuciens et les Hermiens, qui rejetaient le baptême d'eau comme n'ayant pas été institué par Christ. Ils s'appuyaient particulièrement sur ces paroles de Jean-Baptiste : Pour moi, je vous baptise d'eau, etc. ^
Le nombre de ces dissidents a probablement été beaucoup plus considérable qu'on ne veut bien le dire. En tous cas, le fait de leur existence indique suffisamment que, déjà à cette époque reculée, les protestations ne manquaient pas, dans l'Église, contre le levain du formalisme et des observances cérémonielles.
On ne sait pas au juste à quelle époque le baptême des enfants commença à être pratiqué. Avant Irénée, personne n'en parle. Quant à lui, on pense qu'il y fait allusion lorsqu'il dit : « Christ est venu pour sauver tous ceux qui ont été régénérés par lui; les enfants en bas âge, les petits garçons et les jeunes gens aussi bienjque les vieillards ^ » Quelques années après, nous voyons
1. Tliéodoret, Haer. Fab., I, ch. x. Irénée a le même passage. La seule différence est, qu'au lieu « de tout ce qui existe », il écrit « de l'ineffable grandeur ». Adv. Haer., I, ch. xxi, § 4.
2. Bingham, Antiquities of the Christian Church, liv. XI, ch. ii.