De la prière, XXVIII, XXIX
3. N'est-ce pas trop dire? Certains martyrs semblent témoigner du contraire.
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trompette de l'ange. Notre Seigneur, à qui soit honneur et puissance aux siècles des siècles, a lui-même prié. »
Ecoutons maintenant Clément d'Alexandrie : « Ce n'est pas à un endroit donné, dans tel ou tel temple; ni à certains jours de fête ou autres seulement que le vrai gnostique ^ doit honorer Dieu. C'est partout et toujours. Toute sa vie, il doit lui offrir l'expression de sa reconnaissance d'avoir connu le chemin qui mène à la vie.... Il priera en se promenant, en s'entretenant avec ceux qui l'entourent ou lorsqu'il gardera le silence ; en lisant ou €n se livrant à d'utiles travaux.... Notre vie tout entière est comme un jour de fête religieuse ; nous célébrons notre Dieu en cultivant nos champs ; nous chantons ses louanges en montant sur les vaisseaux.... La prière est, si l'on peut ainsi dire, une conversation avec Dieu. Même si nous nous adressons à Lui sans ouvrir nos lèvres et silencieusement, Il entend et exauce le cri intérieur que nous Lui adressons. La prière n'a donc pas besoin des mots ; elle peut n'être que la concentration de notre âme toute entière, regardant vers Dieu sans se laisser détourner par rien. Qu'elle soit seulement un soupir qui jaillisse du plus profond de notre âme, que nous appehons le Père céleste à notre aide par des gémissements qui ne se peuvent exprimer, il se tient près de nous M »
« Combien d'entre nous, » fait de son côté remarquer Origène , <f pourraient témoigner de l'efficacité de la prière, si nous avions assez de reconnaissance pour nous souvenir des miséricordes de Dieu ! Des âmes, longtemps
1. Le mot gnostique est pris ici dans un sens favorable : celui qui est arrivé à la vraie connaissance, à la maturité chrétienne.