‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 86 sur 324 · Eccksia, synagogue, synode · texte numérisé non relu

Eccksia, synagogue, synode

2. Les paragraphes précédents sont le résumé des lect. II et III, du remarquable ouvrage de Hatcli, Organizaiion of the Early Christian Churches,

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fait est certain : c'est que, durant tout le premier siècle et les premières années du ii% les noms d'Ancien (ou V de presbytre) et de surveillant (ou évêque) sont équivalents, et s'emploient l'un pour l'autre et que ceux auxquels on les donne sont les pasteurs et les administrateurs de l'Église. « L'Ancien est identique à l'évêque, disait saint Jérôme, et avant que, sous l'impulsion du diable, les partis se fussent multipliés, les Églises étaient gouvernées par le conseil des Anciens ^ »

I IL Les évêqiies. — Avec le temps, un surveillant ou un presbytre en vint à occuper une place prépondérante. Sa supériorité intellectuelle, sa vie exemplaire,, son zèle pour l'Église lui attiraient la confiance de la communauté, et on apprenait à accepter son autorité. D'ailleurs l'amour pour le Sauveur devenait moins ardent, l'ancienne indépendance spirituelle moins grande, et les barrières qui auraient pu se dresser contre les abus de ces hommages ou de cette autorité disparaissaient de plus en plus. Aussi vit-on grandir peu à peu ce respect d'autant plus excessif et déplacé que^ d'abord accordé légitimement et volontairement à l'homme, il en vint à être, de par l'habitude, puis de par la loi, attribué à la fonction et plus tard exigé pour elle. Dès le milieu du \f siècle, le même surveillant préside; on l'appelle évêque, et ceux qu'il préside, anciens.

1. VÉpître de Clément en fournit le dernier exemple, à moins quela Didachè ne soit postérieure à cette Épître. — Du temps d'Ignace- (107-116), la distinction entre évêque et presbytre était tranchée, au moins en Syrie et en Asie Mineure. Dans son Épître à Polycarpe, il parle de « ceux qui sont sujets à l'évêque, aux presbytres et aux diacres. » Ch. VI.

2. Sur Tite, v, de Pressensé, Hist. des trois premiers siècles, II, 225,,

Plusieurs écrivains soutiennent que la création d'un épiscopat et le pouvoir qui lui a été donné ne sont pas un signe de décadence, mais, vu notre humaine nature, le résultat d'une nécessité K Notre Seigneur, pourraiton répondre, ignorait-il donc les nécessités de la nature humaine, lorsqu'il disait à la foule et à ses disciples : « Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre maître, et vous êtes tous frères. Et n'appelez personne sur la terre votre père ; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux S) ? Et dans son enseignement particulier, adressé aux Douze, ne distingue-t-il pas expressément le gouvernement qui doit exister dans l'Église de l'autorité et du commandement qui existent dans l'ordre politique? « Les rois des nations, ditil, les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. Qu'il n'en soit pas de même pour vous. Mais que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert ^ »

1. Voy., par ex., Milman, Hist. of Christianity, IH, 249-235.

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