‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 87 sur 324 · Matth., XXIII · texte numérisé non relu

Matth., XXIII

3. Luc, XXII, 23, 26; I, Pierre, V, 2-3. En parlant ainsi, nous ne prétendons pas nier que l'Église ne puisse et ne doive s'adapter aux différentes manières d'être de la société civile. Sans doute, les lois qui la régissent sont essentiellement diiîérentes de celles qui régissent les empires, et ses pasteurs doivent être soumis les uns aux autres dans la cliarité. Cependant il y a des moments où une main ferme et une autorité respectée sont particulièrement nécessaires. Un bienveillant critique de notre ouvrage a marqué la situation des évêques à l'époque primitive de l'Eglise dans les termes suivants : « Sans méconnaître aucune des difficultés et aucune des critiques fondées qui empêchent de se former aisément une opinion, on doit reconnaître qu'aucun autre régime ecclésiastique que le régime épiscopal n'aurait convenu pour diriger des communautés récentes, composées d'éléments si hétérogènes. L'évêque était investi d'une autorité semblable à celle que les gouverneurs absolus des provinces recevaient du César régnant. » Après avoir parlé des nombreux devoirs de l'évêque, le même écrivain ajoute : « La nature et le nombre de ces devoirs nous font comprendre le degré de respect inspiré par celui qui les remplissait fidèlement, et comment il se faisait qu'aucun honneur (sauf celui qui aurait été en contradiction

Au début, la juridiction d'un évêque ne dépassait pas les limites de sa congrégation. A mesure que les congrégations augmentèrent en nombre, on ne créa pas de nouveaux évêchés, mais on députa des anciens appartenant au conseil du plus prochain évêque. Ainsi les évêchés s'étendirent et les Églises nouvelles dépendirent des anciennes. L'influence des évêques s'accrut encore lorsque les synodes se multiplièrent. En effet, et bien que les anciens y eussent d'abord leur place marquée, c'étaient principalement les évêques qui représentaient leurs congrégations ^

Peu à peu les évêques cessèrent d'être égaux entre eux et indépendants les uns des autres. Les plus grandes villes de l'Empire, d'où le christianisme avait rayonné, comme Antioche, Gorinthe, Éphèse, Alexandrie, Rome, partagèrent avec Jérusalem une autorité et une vénération spéciales. On les appelait les sièges apostoliques, les Églises-Mères. Au temps d'Adrien, lorsque Jérusalem cessa d'exister comme Église, Rome prit la première place. Ses évêques étaient à la tête de la plus riche des communautés chrétiennes, et leur générosité les avait fait connaître même des Églises les plus recu-

avec la doctrine) ne semblât trop grand pour lui. Il était vraiment jugé digne du « double honneur » dont parle l'apôtre. On comprend aussi qu'aucune hérésie ne semblât plus grave que celle qui mettait en question leur autorité. Dans ces âges turbulents et barbares, alors que les éléments constitutifs des communautés brûlaient d'un zèle aussi ardent que nouveau, c'était une panacée que la possession d'un bon évêque. Et, assurément, que l'Église ait eu tant et de si bons évêques à cette époque primitive, est un des plus remarquables triomphes de notre foi, surtout si l'on considère la méthode des persécuteurs, qui était de dissiper le troupeau en frappant son pasteur, et si l'on songe qu'accepter les fonctions épiscopales était généralement le prélude du martyre. » W. Beck, Thoughts on Church Origins, dans le Friends'' Quarterly Examiner, avril 1884", 262-264.

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