Act., VI
i40 l'église primitive
On ne procéda pas autrement du temps des successeurs immédiats des apôtres. Clément de Rome nous dit (vers 97) dans son Épître * que les apôtres, lorsqu'ils prêchaient dans des pays et dans des villes, choisissaient, pour en faire des surveillants et des diacres, et après les avoir éprouvés par l'Esprit, ceux qu'ils avaient convertis les premiers. Ils donnaient en outre des instructions pour leur remplacement lorsqu'ils se seraient endormis dans le Seigneur. « Nous pensons donc, continue-t-il , que ceux qu'ils ont nommés, ou qu'ont nommés plus tard, et avec le consentemeiit de toute rEglise, d'autres hommes éminents par leur piété, ne peuvent pas équitablement être dépouillés de leurs fonctions, s'ils ont veillé fidèlement sur le troupeau de Christ.
Cette double élection des fonctionnaires ecclésiastiques se perpétua durant plusieurs siècles, mais le consentement unanime des évêques environnants remplaça l'élément apostolique. Ainsi, au iii^ siècle, Cyprien dit encore : « L'autorité divine elle-même demande que l'ancien soit choisi en présence du peuple, sous les yeux de tous, et que ce soit le jugement, le témoignage de tous qui le reconnaisse digne et capable de ses fonctions. » Et plus loin : « Il faut s'en tenir, en matière d'ordination, à la pratique dérivée de la tradition divine et de l'usage apostolique, telle que nous la maintenons nousmêmes et telle que presque toutes les provinces la maintiennent; c'est-à-dire que tous les évêques environnants de la même province s'assemblent , et que l'évêque à ordonner soit choisi en présence de la con-