‹ L'eglise primitive jusqu'a la mort de ConstantinChapitre 94 sur 324 · Ch. VI · texte numérisé non relu

Ch. VI

3. On a prétendu montrer que les paroles de Jésus-Christ : Vous l'avez reçu gratuitement, donnez-le gratuitement (Matth., X, 8), n'avaient pas

Par degrés, toutefois, non seulement les pasteurs itinérants, mais même les presbytres, se vouèrent de plus en plus complètement à leurs occupations spirituelles, et il devint nécessaire de pourvoir à leurs nécessités. On préleva donc sur la collecte volontaire de chaque dimanche S et d'après une proportion fixe, une somme destinée à leur entretien. Mais ce ne fut que bien plus tard que les évêques ou les anciens reçurent un traitement ou salaire fixe; encore fut-il, pendant longtemps, extrêmement modeste. Natalius, qui devint à la fin du ii*" siècle évêque d'une secte hérétique, recevait cent cinquante deniers par mois, soit environ 1500 francs par an ^

I VI. Le clergé et les laïques. — A l'époque apostolique et, du reste, dans l'Église primitive en général, on ignorait la distinction entre le clergé et les laïques.

(c En écartant tout ce qui séparait les hommes de Dieu, fait remarquer Néander ^ Christ avait également écarté tout ce qui, jusque-là, avait séparé les hommes entre

le sens qu'on leur attribue généralement. Voici le récent commentaire qu'en donne un savant allemand, « La règle de conduite donnée par Christ n'a pas trait seulement au pouvoir de faire des miracles. Elle s'applique à l'œuvre entière des apôtres, aussi bien à leur pou\'oir de guérir les malades qu'à la prédication du règne de Dieu. Aucun don de Dieu ne s'acquiert à prix d'argent {Act., VIII. 20), ou, suivant l'expression de Tertullien, nulla res Dei pretio constat. C'est là un principe particulièrement large et fécond, que les ambassadeurs de Dieu ne sauraient trop méditer, même de notre temps. II condamne toute espèce de convention déplacée ou commerciale de la part de ceux qui prêchent la grâce de Dieu, et tout paiement qui dépasse la limite de leurs nécessités; il condamne le casuel, attaché d'une manière si peu digne au ministère de la parole et à l'administration des sacrements. » Stier, Woi'ds of the Lord Jésus, traduction anglaise de Pope, II, 9, 10.

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