Early Christian Churches, lect. V, p
ne connaît pas de caste sacerdotale. Il n'y a plus aucune tribu chargée spécialement d'offrir les sacrifices, aucune classe d'hommes entre l'humanité et Dieu ; aucune, dont l'intervention soit nécessaire pour que les hommes soient réconciliés avec Dieu et obtiennent son pardon... Chaque membre de la famille humaine est, en puissance, un membre de l'Église, et comme tel un prêtre du Très- Haut... Dans les documents émanés des Églises apostoliques, le titre de prêtre n'est pas une seule fois attribué à des fonctionnaires spéciaux. Ce sont les saints, ce sont les membres de la famille chrétienne, que l'Évangile considère comme prêtres... Gomme individus, tous les chrétiens sont égaux... et c'est Tertullien qui, le premier, émet des prétentions sacerdotales en faveur des ministres chrétiens \ »
Peu à peu, toutefois, la notion d'un clergé, d'un ordre sacré, fit son chemin dans la société nouvelle. Peu à peu, les congrégations renoncèrent volontairement aux charges et aux privilèges d'une vie réellement chrétienne et se démirent en faveur de leurs évêques ou anciens du souci de leurs intérêts spirituels. Ceux-ci, de leur côté, ne tardèrent pas à s'attribuer une certaine
4. Comment, sur VEpître aux Philippiens, 3^ éd., p. 179 — 183, 253. Tertullien appelle l'évêque un grand prêtre. [Du baptême, XVII). Il n'est que juste, vis-à-vis du docteur Lightfoot, de donner son opinion intégrale sur ce point, bien que sa conclusion ne semble pas tout à fait conséquente avec ses prémisses. « Il est très important, dit-il, que nous ayons cet idéal en vue d'une manière positive. C'est pour cela que je m'y suis arrêté le plus longuement possible. Cependant ces indications, si développées qu'elles soient, donneraient, si elles devaient rester isolées, une fausse impression, ou tout au moins ne feraient connaître qu'une moitié de la vérité... De même qu'il faut à l'Église des jours et des lieux déterminés, de même il lui faut, pour qu'elle puisse remplir sa mission, des chefs et des docteurs; des hommes chargés d'exercer un ministère de réconciliation; en un mot une classe d'hommes qu'on peut en un certain sens appeler un clergé. (P. 179, 180.)
supériorité de rang et à réserver pour eux seuls un nom, celui de deri ou clergé (héritage de Dieu), qui avait jusqu'alors appartenu à l'ensemble des chrétiens. Il faut croire que l'Église avait, à ce moment-là, la vue quelque peu troublée par l'esprit mondain. Le fait est qu'elle ne vit pas le danger qui la menaçait; elle ne vit pas qu'une fausse assimilation du ministère chrétien avec le sacerdoce lévitique, résultant d'idées juives, pervertissait la vraie notion chrétienne d'Église.
Les résultats de cette modification furent aussi désastreux pour les fonctionnaires ecclésiastiques que pour la congrégation elle-même. Néander exprime en termes énergiques ce en quoi celle-ci eut à en souffrir. « A mesure, dit-il, que l'idée du sacerdoce universel perdit du terrain, l'idée d'une consécration à Dieu de la vie tout entière du chrétien n'en perdit pas moins. Contrairement aux exigences légitimes de la conscience chrétienne, on avait établi une distinction entre la vocation ordinaire et universelle des chrétiens, et celle d'un sacerdoce particulier. Maintenant, et bien que Christ eût voulu faire de la vie entière du chrétien une vie vraiment spirituelle, il s'établissait une distinction entre les attributions et l'activité d'une pareille vie et celles d'une vie plus mondaine \ »
§ YIL L'activité de CÉglise. — Dans toutes les transactions de l'Église primitive, on retrouve l'application du principe qui réglait l'élection de ses fonctionnaires. Tout ce qui était fait, l'était, non pas en l'autorité des surveillants ou des anciens seulement,