Contre Vhérésie de Noétus, ch. l
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des exemples postérieurs d'une intervention des fidèles dans des affaires de ce genre. Et c'est ainsi que les Églises perdirent peu à peu une grande partie de leur force et de leur indépendance.
§ VIII. Discipline. — La discipline occupait, dans l'Église primitive, une place très importante. « Il nous est bien difficile, dit Hatch, à nous qui sommes habitués aux idées modernes, si différentes de celles d'autrefois, en ce qui concerne les rapports du gouvernement ecclésiastique et de la vie civile, de comprendre combien, dans les communautés de l'Église primitive, la discipline avait d'importance. Ces communautés n'existaient, en quelque sorte, que grâce à leur discipline rigide. Le lien d'une commune foi était bien moins ferme que celui d'un idéal, d'un genre de vie communs. Si le credo était vague encore, le code moral ne l'était pas. Le règne de Dieu, un règne de justice, était venu Au milieu de la race méchante et perverse, les communautés ne pouvaient se maintenir que grâce à une extrême circonspection. La pureté morale n'était pas autant une vertu à laquelle il fallait aspirer que la condition même de l'existence. Si le sel de la terre avait perdu sa saveur, avec quoi la lui aurait-on rendue? Si la lumière du monde avait été obscurcie, qui donc aurait pu en raviver l'éclat? Les fonctionnaires ecclésiastiques de chaque communauté étaient les gardiens de cette pureté morale. Ils devaient veiller sur les âmes et en rendre compte. Semaine après semaine et même, dans certains cas — comme cela avait été pratiqué dans les synagogues — de deux en deux jours, l'assemblée des fidèles se réunissait, non pas seulement
pour prier, mais pour veiller à Texercice de la discipline et rappliquer \ »
Tertullien nous apprend quelle sorte d'humiliation on infligeait à ceux qui avaient commis de graves péchés ou avaient renié leur foi. Ils devaient faire une confession publique {exoyno loge sis), et voici en quoi elle consistait : « Le pénitent doit se mettre dans une posture qui provoque la compassion. Il doit se coucher dans le sac et la cendre...., abattre son esprit dans le chagrin, et, au lieu des péchés quMl commettait, se livrer à la mortification. Sa nourriture doit être la plus simple possible, non pas à cause de son estomac, mais à cause de son âme ; sa viande doit être la prière et le jeûne; nuit et jour, il doit gémir, pleurer, pousser des cris de douleur devant Dieu; enfin il faut qu'il se roule aux pieds des anciens, qu'il embrasse les genoux des élus, qu'il prie tous les frères d'être ses ambassadeurs auprès de Dieu et de joindre leurs prières aux siennes. » Un peu plus loin, Tertullien se plaint de voir abandonner cet usage. « La plupart des hommes, dit-il, le repoussent comme suspect d'ostentation, ou en diffèrent de jour en jour l'accomplissement ^ » Il faut avouer qu'il n'y a rien là de bien surprenant! Origène, un siècle après, écrit les lignes suivantes : « Les chrétiens pleurent, comme s'ils étaient morts, ceux qui ont été surmontés par la luxure ou par tout autre péché. Et, en effet, ils sont perdus et morts à Dieu. Si plus tard il se manifeste en eux un heureux changement, ils les reçoivent comme des res-
1. Early Churches, lect. III, 68, 69. — Voy. aussi, ci-dessus, p. 109, la citation de Tertullien.