‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 114 sur 558 · Fr. prot, 2e éd., IV, col · texte numérisé non relu

Fr. prot, 2e éd., IV, col

:i. La Sfei'nenvorstadt sur les bords du Birsig, au sud de l'église des Cordeliers (aujourd'hui Musée historique). Voir le plan de MÉRIAN, L615, table II. 4. Pièces justificatives, XXIII.

nouvelles instances, pour un ministère continu, l'Eglise de Paris : « Tu connais mieux que moy les commodités et incommodités

qui se peuvent trouver par delà pour nous Si les Alhanois

[les Parisiens qui venaient à Ablon, je pense] sont plus discrets que par le passé, tant mieux ! » La vie de Paris lui paraît terriblement absorbante : « Il ne me reste une seule heure du jour ; les seules nuicts sont pour moy et pour mes estudes, et mille

afïayres. Si je n'avois icy tant de parens et amis j'aurois un

peu plus de loisir. » Il réclame de longues lettres, préparées d'avance, où on lui donne des nouvelles de « toute la principauté, » c'est-à-dire sa grande maisonnée, sans oublier de le tenir un peu au courant de ce qui se passe dans le voisinage ! Au bas de la dernière page de cette longue lettre couverte d'une fine écriture très rapide on voit cette conclusion d'une naïveté patriarcale : « Endroit auquel je t'embrasse de tout mon cœur et tous mes enfans grands et petits et prie Dieu, ma fille, qu'il te maintienne en toute sainteté et santé. » Couët était alors âgé de cinquante-sept ans ; marié à trois reprises il avait eu dixneuf enfants et déjà plusieurs petits-enfants dont nous retrouverons quelques-uns dans la suite de cette histoire.

A Pâques 1606 Couët était encore de service à Ablon ; le fils de son collègue, Maurice de Lobéran, alors petit garçon, se souvenait, trois quarts de siècle plus tard, qu'il faisait grand vent ce jour-là, et que, la veille, Couët avait donné une dernière leçon aux enfants *.

Un an plus tard - - peut-être après un nouveau « quartier » — - Couët se trouvant encore « par les chemins » est saisi d'un « grand catharre » et tombe malade en Bourgogne, au Vault. Il reçoit la visite de M. de Villarnoul, traite quelques affaires d'intérêt dans son petit domaine, et reprend « sa besace » pour revenir à Bàle. De cette époque semble dater un projet de testa-

1. M. de Lobéran à M. Masclarj-, conseiller secrétaire du roi à Senlis, 1674 : « Je l'ai vu (Couët) venir de Basle en Suisse servir l'Eglise de Paris par quartier et nie souviens de l'avoir ouï prescher à Ablon le jour de Pasques aux grands vents qui lut en 1606, ce me semble ; il y a voit fini le catéchisme le samedi, lequel je crus estre le dernier jour de ma vie pour un tourbillon qui m'emporta au sortir du temple assez loin » (Collection Couët de Lorry ; B. h. p., 186.3, 274). Ce tut le 27 mars 1606 qu'une sorte de cyclone détruisit le premier temple de Dieppe (Daval, Réformation à Dieppe, II. p. 163).

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