PŒRRE DU MOI' LIN
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PORTRAIT GRAVÉ PAR THOMAS DK LEl' (l6o8)
Voici donc le premier pasteur nommé à Paris sous le régime nouveau de l'Edit, sans avoir exercé auparavant son ministère ni pendant les persécutions, ni, d'autre part, auprès du roi avant son abjuration, comme Lobéran et La Faye. Aussi voyons-nous Du Moulin avoir beaucoup moins de rapports personnels avec Henri IV. Une gravure faite un peu plus tard (1608) par Th. de Leu représente Du Moulin, avec le même costume que Lobéran 1, la figure maigre, les cheveux et la moustache noirs, la barbe carrée, rare sur les joues, le regard remarquablement vif et l'air très décidé 2.
Sur les registres notariaux on ne voit guère figurer Du Moulin que dans les actes concernant les affaires de l'Eglise. Il ne fait pas autant de ventes, baux, etc., que Lobéran et La Faye ; tandis que ceux-là sont « seigneur d'Ablon » et « seigneur de Gournay, » lui est qualifié « docteur en philosophie 3 » : par exemple, dans l'acte par lequel il loue « à noble homme M. Jacques Tardif, advocat en parlement, demeurant rue de la Boucherie, » du jour de Pâques, et pour quatre ans, une maison appartenant à celui-ci, et située rue de Bièvre. Précédemment il demeurait ■ — comme au temps de ses études en 1588 — sur la montagne Sainte- Geneviève, « paroisse Saint-Etienne-du-Mont. » Il resta moins longtemps encore rue de Bièvre, où Tardif vint habiter sa maison, et se transporta hors des murs en 1604 (ou dès la fin de 1603 4) : il s'en va au faubourg Saint-Germain dans la rue des Marais où nous avons déjà retrouvé tant de protestants, et il y restera pendant tout son ministère à Paris.
Sa femme, Marie Colignon 5, était « un rare exemple de piété, de zèle et de charité envers Te pauvre. Elle vivait, » disait son mari « comme il faut mourir 6 ; » outre une demi-douzaine d'enfants