‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 135 sur 558 · CASAUBON A PARIS · texte numérisé non relu

CASAUBON A PARIS

plus de peine de sçavoir de ses nouvelles que d'un ami qui seroit au fond de l'Arménie, quoyque de ma part je face toute diligence à lui escrire et offrir tout service quasi tous les jours... Dieu, par sa bonté envers moy accoustumée, me donne aujourdhuy plus de moïens de secourir ma mère que je n'eusse eu par cidevant ; quoique à présent chargé de sept enfants dont les quatre sont en pension en divers lieux, et le cinquième a sa nourrice. Sed enim, conjunctissime f rater, quotidiana experientia doceor nullum omis esse grave quod manus divina « xoutptÇet... »

§ 3. Incidents de voyage entre Paris et Ablon

Arrivé seul à Paris en mars 1600, Casaubon y a amené sa famille en septembre. Il a donc été l'un des premiers à fréquenter, comme il le fit aussitôt, le prêche qu'on venait de transférer à la fin de 1599 à Ablon (il écrit plutôt Hablon) K II y va tantôt en bateau, hàlé le long de la berge par des chevaux, tantôt en carrosse, tantôt à pied :

(4 des nones d'avril 1600) : « Je te rends grâces, ô Dieu, de ce que tu nous as donné de faire heureusement ce voyage. Nous avons cependant beaucoup souffert du temps affreux qu'il a fait, battus par le vent qui n'a pas cessé, avec la neige et la grêle tombant sans interruption, tandis qu'une boue profonde empêchait les chevaux de marcher. Mais qu'est-ce là ? Cela vaut-il la peine d'être rapporté à côté du bien incomparable dont tu nous as fait jouir ? »

(Nones de novembre 1600) : « Nous avons été à pied à Ablon

15 sept. 1603, après un voyage à Genève : « J'ai fait mon possible, voire par dessus mes forces, pour l'oster d'appréhension, pour l'adoucir. Les moiens asez bons que mon feu père lui avoit laissés sont pour la pluspart esvnnpuis par la fraude de certains qui nous ont trompé » (Lettre à Perillau publiée dans le B. h. p., 1853, p. 291, d'après l'autographe appartenant à M. H. Fillon). Le 3 avril 1609, dans une autre lettre, toujours adressée à

Perillau, Casaubon écrira : « J'ai perdu ma bonne et vénérable mère

Filia mea natu maxima supioribus (sic) diebus mihi est erepta..., verse pietatis tenacissima et z^m^iq-ii-^ » (Autogr. à la Bib. h. prot.).

1. Les lettres à Perillau, quoiqu'il y en ait seulement onze à la Bib. b. prot., renferment plusieurs mentions d'Ablon :

30 juillet 1602 : << Vos lettres que je receus hier au retour de Hablon m'ont osté de peine. »

et nous en sommes revenus de même, non sans une grande fatigue l. »

(7 des ides de mai 1601) : « Le bateau qui nous portait marcha lentement et non sans courir quelque danger, par suite de la violence du vent. Nous avions entendu le premier, puis le second sermon, et nous écoutions le troisième lorsqu'une grande pluie survint ; nous étions en plein air - ; on se dispersa, nous fûmes obligés de remonter dans le bateau. Là, étant passablement mouillés, nous nous sommes mis à lire, pour passer le temps, le commentaire de Primasius 3 sur l'Apocalypse. »

(Nones de janvier 1603) : « Constant, qui avait hier promis de me louer un cheval, fut inconstant. Pardonne, ô Dieu ! »

Ce mélange de calembours et de prières sous la plume du pieux savant, peint son âme dans toute sa candeur. Et c'est toujours avec la même résignation, la même reconnaissance, qu'il relate les accidents les plus graves survenus aux siens sur le chemin d'Ablon :

4 février 1605 : « Ma femme est sur le point d'accoucher et n'attend plus l'heure (sic) ; ce qui l'empesche d'aller demain à Hablon. »

Cf. 24 décembre 1605. (Sa femme ne pourra aller à Ablon le lendemain).

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