LES PRÉLIMINAIRES ET LA PROMULGATION DE L'ÉDIT
Henri IV et « son Edit ». — - Nombre des habitants et des protestants à Paris. — Abjuration de Henri IV et réduction de Paris. — Importance capitale de l'Edit. — Accueil fait par les contemporains. — Négociations préliminaires. — Résistance du clergé du Parlement. — Les derniers mois : la « facilité » de Paris.
La ville et l'Eglise réformée de Paris se relèvent l'une et l'autre après l'entrée du roi Henri IV en 1594 * et surtout après ces deux grands événements de l'année 1598 : le traité de Vervins et l'Edit de Nantes, aussi digne que celui de 1787 d'être appelé « édit de bienfaisance. » La « paix d'Henri IV » est « une œuvre incomparable de tolérance sincère et charmante -. » Dans la capitale en particulier le roi aurait pu se dire avec autant de vérité au point de vue spirituel qu'au point de vue matériel « amy des bastisseurs 3. » Comme la reconstruction de Paris, la réorganisation de la vie nationale dut beaucoup à l'action personnelle du roi. Or la pacification religieuse était un élément essentiel pour le relèvement de la cité et de la nation entière. Henri IV le sentait, et considérait l'Edit comme un des facteurs indispensables de sa politique. En insistant pour le faire accepter il l'appelait « mon Edit. »
1. Cependant aussitôt entré, le roi tint à faire acte public de catholicisme : (le 22 mars 1594) « il commanda à un de ses gentilshommes qu'il îillast à Nostre Dame dire qu'il y vouloit ouyr la messe et rendre grâces à Dieu, » et aux souhaits de l'archidiacre il répond : « Je ne seay véritablement comme je pourray remercier Dieu, principalement depuis nui conversion à la R. C. A. et R. en laquelle je proteste moyennant son ai/de de vivre et de mourir » (P. Oayet, Chronologie novénaire 1608, t. 111, p. 338). Les 16 et 21 janvier 1595 est formulé un » advis de la faculté de théologie et des curez de la ville de Paris » sur l'obéissance due à Henri IV (Biblioth. nat., Lb. 35.609, plaquette in-8" sans lieu ni date).
2. Sthowski, Histoire du sentiment religieux en France au XVIIe siècle ; Pascal et son temps, t. I (1907), p. 128.