Mercure français de 1625, p
1003 ; « encore le ministre, qui estoit Du Moulin, faisoit le trentième l » Généralement les auditeurs venaient par centaines. 11 y avait deux prédications les dimanches ordinaires, une le matin, une autre après-midi ; un troisième service avait encore lieu les jours de sainte cène : à Noël, Pâques, Pentecôte, et en septembre -.
Des motifs très graves étaient seuls capables d'empêcher les fidèles d'aller à Ablon ces jours là. Casaubon ne peut retenir à Paris sa femme malade : « sa piété lui faisait un devoir impérieux de s'approcher des saints mystères. » Quand ils communient ensemble c'est pour eux « une joie incroyable », « le plus grand bonheur qui puisse arriver à un chrétien. » Pour les foules qui se rendaient à Ablon les jours de cène nous avons relevé le chiffre maximum de quatre mille présences à Noël 1604. Le duc de la Force écrit alors à sa femme : « J'y ai mené nos six enfants : Masdurant '5 fit la cène avec les autres grands ; M. et Mme de Rosny y estoient et nous donnèrent à dîner à M. de Rohan et moi 4. » Ainsi, comme ils avaient leurs bancs plus élevés, pour écouter, les « grands » avaient leurs rangs à part pour communier : c'était une concession aux usages du temps relatifs aux catégories sociales, concession que ne consacrait formellement aucun article de la discipline.
On communiait encore le dimanche qui suivait les grandes fêtes. Ainsi le duc de la Force écrit le 2 janvier 1605 : « Madame de Rohan a pris son chemin d'Orléans à Ablon, où la cène se fait encore aujourd'hui, afin d'y participer, et sera ici à ce soir avec Madame la duchesse de Deux-Ponts sa fille. » Et un an plus tard il envoie à sa femme ce billet qui montre la piété domestique et l'amour de la famille en honneur d'une manière aussi naïve chez le grand seigneur que chez le grand savant Casaubon : « J'ai eu ces deux jours de fête tous nos petits ; croyez que nous