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IMPORTANCE DES CONTROVERSES A PARIS

les idées générales étaient alors remuées à la fois clans un bouleversement universel avec beaucoup de trouble et de confusion i d'autre part, nombre de querelles ont porté sur des points très spéciaux et n'ont eu qu'une portée locale. Jamais peut-être les discussions n'ont eu à la fois autant de profondeur et de retentissement, autant de sérieux et autant d'éclat, autant de vivacité sur Je moment et d'extension dans leurs développements ultérieurs, que les controverses religieuses en France au commencement du xviie siècle : peut-être parce que, à cette époque où les préoccupations religieuses étaient partout en Europe au premier plan, elles ne pouvaient nulle part ailleurs être discutées avec autant de liberté qu'en France. Lorsque plus tard, là et ailleurs, la liberté de discussion est devenue plus grande, la quantité des sujets à discuter était devenue plus grande aussi, en sorte que jamais plus l'intérêt de tous ne s'est concentré sur le même sujet avec une telle intensité. Enfin le progrès constant des moyens de diffusion des idées et des voies de communication ont accéléré dans tous les sens la « décentralisation » ; au xxe siècle, où les congrès attirent si facilement les spécialistes de tant de matières sur tant de points du inonde à tour de rôle, on se représente avec peine la difficulté et par là même l'importance qu'avaient au début du xvne siècle, à Paris, les rencontres entre tenants d'opinions religieuses différentes. Dans la capitale, au développement de laquelle le roi donnait alors une impulsion nouvelle, les idées se rencontraient, s'entrechoquaient, se pénétraient comme sur un u grand théâtre -, » de telle manière que le contre coup se faisait sentir plus rapidement qu'on ne saurait croire, et très profondément, dans toute la France et même dans toute l'Europe pensante.

En apparence il ne s'agit que d'une lutte entre l'Eglise catholique et l'Eglise réformée ; en réalité celle-ci représente alors la seule opinion dissidente qu'on eût le droit de défendre publiquement ; les Juifs étaient tenus à l'écart, les libres-penseurs n'osaient se déclarer ouvertement, fût-ce au pied de l'échafaud comme le maréchal de Biron ; il s'agit donc, au fond, de la lutte entre le principe d'autorité extérieure, uniforme et le prin-

1. On ;i remarqué avec raison que « dans le premier quart du dix-septième siècle, la controverse garde le même caractère encyclopédique » qu'au seizième, a et c'est toujours sur tous les points de la religion qu'elle se disperse » (RÉBELUAU, Bossuel historien du protestantisme, p. 7).

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