L'expression est de l'un des controversistes
cipe de liberté sous ses diverses formes : liberté de la parole, de la presse, du culte, de la pensée, de la conscience l.
Du caractère très général des considérations qui précèdent il résulte qu'un intérêt très grand s'attache aux questions que nous ii lions traiter dans ce chapitre ; de ce caractère très général il résulte aussi qu'il est malaisé d'écrire à ce sujet un chapitre seulement... Nous nous efforcerons de ne pas oublier que nous nous occupons ici d'une Eglise donnée dans un temps donné ; et nous nous laisserons entraîner le moins possible hors des limites de cette Eglise et de ce temps 1.
Nous étudierons pourquoi il y a des controverses à Paris sous le règne d'Henri IV, comment elles se passent, à quoi elles aboutissent : c'est-à-dire d'abord le but théorique et le but pratique, puis quelles personnes se trouvent en présence, et quelles idées ; à ce moment nous examinerons quel est le « juge des controverses » et nous établirons une classification des principales matières controversées. Après avoir étudié quelles armes et quelle tactique employaient les adversaires, nous pourrons arriver enfin à une conclusion sur les résultats immédiats de chaque escarmouche et les conséquences plus lointaines de la lutte dans son ensemble.
1. Voici ce qu'Henri IV écrit à M. de la Force après l'exécution de son beau-frère (le maréchal de Biron était fils d'Armand de Gontaut et de ■Jeanne d'Ornezan) le 7 août 1602 : « Il est mort n'ayant jamais voulu mesines prier Dieu, et je crois aussy qu'il ne le sçavoit, comme il l'a advoué à ses confesseurs, qui luy ayant voulu parler de Madame la maréchale de Biron, sa mère, il ne l'a voulu seulement ouïr nommer, pour ce qu'elle estoit hérétique. Ce dont il les a priez en mourant a esté de dire à tout le monde qu'il estoit mort très bon catholique, sans pouvoir dire que c'estoit que catholique » (Lettres missives, t. V, p. 647). P. Cayer (Chronologie septénaire de 1605, 1. V, p. 318 de l'édition de 1611) dit en effet que le maréchal « n'avoit nulle piété ; on l'a veu souvent se moquer de la messe et se rire de ceux de la R. P. R. avec lesquels il avoit esté nourry dès ses jeunes ans, ayant esté eslevé à partir de huit ans par Madame de Brisambourg sa tante paternelle qui estoit de la R. P. R. ».
1. Si par exemple il est impossible de ne pas parler de la conférence de Fontainebleau (4 mai 1600), nous n'y insistons pas. Le principal intéressé, Du Plessis, était membre de l'Eglise de Saumur, ses séjours à Paris étaient de moins en moins fréquents ; les pasteurs de Paris n'ont pris à cette conférence aucune part officielle : il est vrai que Du Plessis fut assisté de trois habitués des prêches du Louvre, de Grigny et d'Ablon : Fresne-Canflye et Casaubon, commissaires, J. Mercier secrétaire. Après la conférence où Du Plessis fut très partialement traité, Mercier l'aida à faire une relation avec la collaboration de Lafin et de deux conseillers au Parlement : Chanciieu et Du Coudray. Mais, tenue en dehors de Paris et, aussi, en dehors des