‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 19 sur 558 · L'Estoile, lac. cit · texte numérisé non relu

L'Estoile, lac. cit

2. Bibl. de Zurich, collection Simler. B. h. p., 1856, p. 27.

3. Dans plusieurs des localités mentionnées, les protestants formaient des agglomérations assez nombreuses, autour desquelles des centaines de familles et d'individus isolés se trouvaient disséminés dans beaucoup de villages et de hameaux. Des temples furent ouverts au xvne siècle précisément sur les confins de cette zone : à Aumont près Senlis, Nanteuil près Meaux, la Norville près Arpajon, le Plessis près Dourdan, A veines près Vigny, etc.

officiellement placée l'Eglise de Paris pendant les années qui suivirent l'abjuration du roi et précédèrent l'Edit de Nantes.

L'histoire de l'Edit a été étudiée à fond, en dernier lieu à propos du troisième centenaire de sa promulgation. Il ne nous appartient pas d'en faire ici une appréciation générale, bien qu'on ne puisse jamais trop insister sur l'importance exceptionnelle de cet acte dans l'histoire de France et dans l'histoire de la civilisation universelle.

M. Guizot a bien caractérisé l'état moyen de l'opinion publique à cette époque : « Le principe auquel se sont élevés maintenant les esprits et même les faits dans une certaine mesure : la séparation profonde de la vie civile et de la vie religieuse, et leur indépendance mutuelle, ce principe supérieur était étranger au xvie siècle. Le croyant et le citoyen n'y faisaient qu'un, et c'était l'effort des lois et des gouvernements d'imposer à la nation tout entière la même unité 1. » L'Edit de Nantes fut « la dernière transaction entre la justice naturelle et la nécessité sociale 2. » « C'était assez pour mettre la France hors de pair, puisqu'alors il n'était pas en Europe un seul état où ceux qui professaient une religion différente de celle du souverain eussent l'ombre d'une garantie 3. »

L'Edit fut naturellement accueilli avec des sentiments très divers. De part et d'autre les ultras furent mécontents : le pape manifesta hautement sa réprobation. Un diplomate béarnais alors en séjour à Rome ne manqua pas de rapporter le propos à son royal compatriote : « Sa Sainteté nous dit hier qu'il estoit le

plus navré et désolé homme du monde Cet édit que vous lui

avez fait en son nez estoit une grande plaie à sa réputation, et lui sembloit qu'il avoit reçu une balafre en son visage 4. »

En France même l'enthousiasme pour Henri IV et son œuvre était loin d'être général. S'il y eut des endroits où l'on commandait tant d'écharpes blanches qu' « il ne se trouvoit plus de taf-

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