‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 20 sur 558 · Anquez, Encyclopédie des se. relig., t. IV, p · texte numérisé non relu

Anquez, Encyclopédie des se. relig., t. IV, p

I. lettre du Cardinal d'Ossat, citée par l'abbé Degeut : le Cardinal d'Ossat, Paris, Lecoffre, 1894.

L'KDIT DE NANTES 35

fêtas blanc à Lyon1 », ailleurs on avait encore « de l'Espagnol dans le ventre », comme le disait avec humeur le roi aux parlementaires récalcitrants.

D'autres, au contraire, jugeaient l'Edit insuffisant et considéraient l'état des Juifs à Rome, dans la ville des papes, comme préférable à celui des protestants à Paris et même dans toute la France 2. Cependant Agrippa d'Aubigné constate que « la paix fut mieux reçue des peuples qu'on n'eust estimé3. » Et un protestant étranger dont le nom reparaîtra dans les pages suivantes, Aerssen, fait avec quelque surprise la même observation : < Je ne remarque point que la publication de l'Edit ait amené quelque trouble » (à Paris, où elle venait d'être faite) 4. L'assemblée politique de Chàtellerault déclara que c'était pour les protestants un minimum acceptable •". Cent ans plus tard l'auteur de la première histoire complète de l'Edit de Nantes, le Parisien Elie Benoît6, sentait le besoin d'expliquer ce fait que les réformés se contentèrent d'un état de choses encore bien imparfait ; et il attribue leur modération à des illusions généreuses qui furent bien déçues : « Ils s'attendaient à la prochaine décadence de la religion romaine comme s'ils en avaient eu des révélations expresses, et ils ne doutaient pas que leur doctrine ne fît bientôt de grand progrès puisqu'on pouvait l'embrasser sans exposer ni ses biens, ni sa vie, ni ses espérances. C'est pourquoy il ne leur semblait pas nécessaire de prendre des mesures sur bien des choses à quoy cet heureux avenir apporterait de luy mesme des sûretés ". »

D'ailleurs Benoît lui-même exalte « l'Edit le plus solennel qui ait jamais été publié » ; il le considère comme « le bouclier de la religion et le rempart de la liberté 8. »

1. D'Aubigné, Hist. universelle, 1. XIV, édition de Ruble, t. IX, p. 11.

2. Le Ghaix, Décade contenant la vie et les (jestes de Henry le Grand, 1. VII, in-4°, 1614, p. 348.

:i. Lac. cit., t. IX, p. 294.

4. Lettres et négociations de P. Choart de Buzaiwalle et de François

d'Aerssen, publiées par M. Vreede, Leyde, in-8", 1846, p. 113. Lettre (eu hollandais) datée de Paris le 9 mars 1599.

5. » Encore que par cet acte il ne soit pourvu entièrement à toutes les nécessités des Eglises, tant y a qu'il semble suffisant pour les mettres en quelque sûreté » ANQUEZ, Assemblées politiques des réformés, p. 80.

6. Xé en 1640 dans la loge du concierge de l'hôtel de la Trémoïlle qu'on voit encore, 50, rue de Vaugirard.

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