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DIVERS- AUDITEURS DES CONTROVERSES

a une certaine publicité, mais restreinte l, les assistants sont pour la plupart des gens cultivés 2, plus ou moins instruits des choses littéraires et théologiques. Il y a des docteurs de Sorbonne qui viennent là comme Du Moulin assistait à certains exercices scolaires, appelés aussi « disputes, » à la Sorbonne même, pour se tenir au courant des questions et de la manière de les traiter-. Il y a des magistrats, des avocats au parlement qui n'apprécient pas seulement la forme mais le fond des discours ; il y a des seigneurs, des dames, beaucoup de dames. Amené dans « une chambre pleine de dames, » Du Moulin est interpellé par une d'elles, Mme de Mazencourt, « qui le pria de premier abord de lui esclaircir le xxxie article de la confession de foi ; » une autre, la baronne de Salignac, prend la place du P. Gontier quand il « quitte le combat, » et c'est le « dessert de la conférence 4. » Elle disait « avoir employé quatre ans entiers à se résoudre ; » « elle avoit lu tous les Pères grecs et latins, avoit eu un homme exprès pour se les faire traduire, avoit reconnu que les Pères des premiers siècles étaient en tout conformes à la croyance de l'Eglise romaine. » Nous savons bien le nom d'une troisième parmi les assistantes, Mme de Liembrune, mais tandis que les autres pérorent, elle ne fait que pleurer.

nier jour seulement, on se transporte dans « la cour autour de laquelle y avoit des galeries en forme d'amphithéâtre » (p. 155). Pour mettre Du Moulin en présence du P. Gontier devant Mme de Mazencourt, M. de Liembrune amène le pasteur dans une salle assez petite de son hôtel, rue des Marais (Véritable narré, etc., p. 1>. M. de Pellejay, conseiller du roi, offre sa maison au P. Suarez « avec les commoditez d'une très belle bibliothèque », mais Du Moulin ne veut pas s'y rendre (Torrent de feu de Suarez, P 29 et 88).

1. La conférence entre Du Moulin et Cayer « s'est faite en un théâtre public, en la présence d'un grand nombre d'auditeurs » (Narré, p. IL

Le P. Suarez et Du Moulin conviennent d'abord de « comparoistre en une maison particulière en la présence seulement de quelques personnes » (Torrent, p. 29).

2. Pourtant les domestiques de M. de Liembrune assistent à la conférence chez lui, et beaucoup de gens s'assemblent dans la rue devant la maison de M. Quetault et interrogent les orateurs et auditeurs à leur sortie. Un ami de Du Moulin rapporte les « absurdités » qu'il lui a « représentées en pleine lue devant plus de cent tesmoins » (Xarré, p. 1).

3. " Il dit qu'ayant souvent assisté à leurs exercices il n'avoir rien ouy que des questions curieuses et égarées, comme : si le diable avant (pie tomber avoit fait quelque œuvre méritoire ; si Dieu peut faire qu'un qui est vierge soit père, et pareilles subtilitez u (Narré de la conférence, etc., p. 32),

4. Véritable narré, etc., Irc partie, p. 1, et II' partie, p. 18.

Très librement les assistants interviennent souvent avec un à propos qui montre leur connaissance des langues anciennes et des auteurs tant profanes que sacrés: à propos du mot hébreuriEn (iophet) un Anglais que Du Moulin « avoit amené pour parrin en ce duel, » lui rappelle (pue « histrare per ignem veut dire brasier, et Virgile le prend ainsi 1 ; » ailleurs un autre Anglais, celui-ci adversaire de Du Moulin, observe qu'une opinion émise par Cayer est conforme à la doctrine de Grégoire de Nysse - ; une autre fois le sieur de Verdavene prend un nouveau testament grec et fait observer qu'il y a dans l'Evangile àvwyeov et non Û7t£pwov ;! ; un jour que Cayer a cité le commencement d'un article du catéchisme réformé, un catholique, le secrétaire Choart, « pour presser davantage, ajouta que les choses suivantes estoient encore pires, » et lit la fin *. Sur quoi Du Moulin ayant forcé Cayer à reconnaître qu'il avait faussement interprété cet article, un protestant, l'autre secrétaire Poupart, interpelle le pasteur apostat directement : « Alors comment est-ce qu'en un livre naguères vous l'accusez (cet article) d'avoir blasphémé ?» « A cela Cayet demeura muet. » Une autre fois, chez M. de Liembrune, le même ancien du Consistoire, décidément un habitué de ces sortes de réunions, apostrophe le P. Gontier : « Nous avons apporté nos oreilles, mais vous n'avez point de bouche 5. »

Inversement d'ailleurs, les disputeurs prennent les auditeurs à témoin, d'étrange façon : par exemple après avoir « nié que les cérémonies de la loi aient esté lois naturelles, » Du Moulin « sommoit chaque assistant d'entrer en soy-mesme et d'examiner s'il sent en soi aucune inclination naturelle à se circonscrire à la Judaïque c. »

D'autres fois les assistants manifestent leurs sentiments non par des paroles, mais par des rires : ainsi parce que Cayer a soutenu qu' « acheter du bois avoit mesme vertu que se chauffer ", » ou que le sacrement est partie de la mort de Jésus-Christ

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