‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 192 sur 558 · CONFERENCES VERBALES KT PAR ÉCRIT · texte numérisé non relu

CONFERENCES VERBALES KT PAR ÉCRIT

« comme le déliement de la bourse est partie du paiment », c le ris de la compagnie délivra Du Moulin de la peine de répondre ] ; » et pour clore cette grave conférence gaîment un protestant trouve le mot de la fin : Cayer refuse - - par ordre, nous le verrons — de signer le procès-verbal ; alors « un des nôtres fit rire la compagnie, s'estant avancé pour excuser Cayer, disant qu'il n'èstoit encore en aage pour signer-. » Dans une autre circonstance un gentilhomme fait lever la séance en disant : « Messieurs, c'est assez, la compagnie s'ennuie 3. »

Tous ces gens mélangent un certain sans-façon xvT siècle avec les formules cérémonieuses auxquelles s'attachera la politesse du XVII*. A leurs propos joignez encore, pour avoir la physionomie des séances, certains incidents comiques, celui-ci par exemple auquel on trouva moyen de donner une portée miraculeuse : un jour que Cayer dictait quelque chose — c'était dans une maison protestante — « il y avait là deux tableaux : l'un estoit le portrait de J. Calvin, l'autre une cuisine où y avoit toutes sortes de viandes. Cette cuisine tomba bas ; chacun fit des gloses selon son humeur ; quelques personnes semèrent le bruit par la ville qu'un miracle estoit advenu, et qu'au son de la parole de Cayer, Bèze et Calvin estoyent tombez, combien que rien ne fust tombé, que des marmites 4. »

Voilà pour l'aspect des conférences « verbales » qui duraient jusqu'à quinze jours de suite •"' ou, plus ordinairement, quelques heures à peine 6.

Mais la conférence verbale n'était ordinairement que le prologue de la controverse par écrit. Il arrivait aussi qu'on échangeât, au sujet des conditions d'une rencontre possible, une longue correspondance qui n'aboutissait pas à une conférence verbale, mais dégénérait en controverse aigre-douce : tel le cartel de défi du sieur de Bouju à Du Moulin. Pm tout cas, toutes ces pièces étaient copiées et circulaient souvent d'abord en

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