‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 211 sur 558 · Apoloyie, f. 184 verso · texte numérisé non relu

Apoloyie, f. 184 verso

2. « Là où est le fondement, on obtient le salut ;... Calvin advoue (pie l'Eglise romaine a le fondement : et encores qu'il luy reste du vieil bastiment, direz-vous qu'on n'y puisse faire son salut ? » (Cayer, Lettre à Humours). Rotan (Response, p. 139) discute d'ailleurs sur la nature de ce « fondement » commun.

3. Du Moulin, nous l'avons vu. proteste (pie < M. Tilenus n'est pas ministre » (Accomplissement des prophéties, p. .'177).

tien, qui souscris volontiers aux trois symboles de la foi, à seavoir au symbole des Apôtres, à celui de Nice (sic) et à celui d'Athanase 1. » Et les catholiques romains disaient eux-mêmes aux réformés qu'ils avaient encore conservé une part de vérité assez grande pour leur faire sentir le besoin de revenir à toute la vérité (le besoin, pour ainsi dire, de réformer la réforme) '-.

Mais si l'unité de la foi subsistait entre tous les chrétiens sur un grand nombre de points essentiels, il y avait beaucoup d'autres questions sur lesquelles les. avis différaient entre catholiques et protestants. (Les catholiques mêmes n'étaient pas toujours d'accord entre eux, et naturellement les protestants cherchaient alors à mettre en évidence ces divergences, tandis que les catholiques s'efforçaient de ne jamais laisser le débat se porter de ce côté :!. Nous avons relevé ailleurs, entre le jansénisme alors naissant, et le calvinisme, de nombreuses ressemblances explicables par la commune admiration pour un même maître : Saint-Augustin 4.)

Le nombre des questions controversées entre catholiques et protestants est considérable : tel ouvrage en énumère quatrevingt-seize 5, prises parmi beaucoup d'autres. Elles sont d'importance et de nature très diverses ; les unes capitales, les autres tout à fait accessoires ; les unes portent sur la métaphysique, les autres sur l'histoire ecclésiastique, et même sur la philologie, la politique et tel autre sujet n'ayant qu'un rapport lointain avec la religion. Mais les tables des matières qu'on lit à la fin de ces ouvrages de controverse laissent une impression de confusion et de pêle-mêle.

On s'étonnerait qu'un esprit encyclopédique et méthodique comme Du Moulin n'eût pas présenté une sorte de classification

1. Défense de la fotj, p. 128. Cf. Confession île foi des Eglises réformées de France, art. V.

2. BÉnuLLE, Discours, p. 65 : « Leur Eglise tient de la nature du scorpion, qui porte le remède et le venin tout ensemble. »

3. « C'est un plaisir meslé de compassion de les voir se testonner et poindre l'un l'autre [entre théologiens catholiques] comme laquais s'entrepicquans de nuit, car quelle nuit peut estre comparée à telles ténèbres ? » (Du Moulin, Apologie, p. 32).

4. Du Moulin, Apologie, p. 172 : « Voici une troupe de docteurs qui se débande et se vient ranger de nostre costé : Biel, Gaétan, Jansenius, etc. »

5. « Trente-deux demandes ]>roposées par le P. Colon, soixante-quatre, etc., par Du Moulin. »

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