‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 223 sur 558 · LE PAPE · texte numérisé non relu

LE PAPE

et politique, la doctrine de la primauté du pape, et en matière dogmatique, la doctrine de l'infaillibilité, devenue officielle en 1870 seulement. Dès 1610 Coëffeteau déclare qu'« en qualité de successeur de Saint-Pierre le pape ne peut rien enseigner de contraire à la piété ; » Du Moulin au contraire, compulsant minutieusement l'histoire des conciles, cherchait à démontrer qu'il faut répondre affirmativement à la question : « si le pape peut errer en la foi ' ; » car plusieurs papes ont été hérétiques -. Les indulgences avaient provoqué la première protestation de Luther. Or le pape recommençait à les distribuer, ou plutôt les faire vendre, à profusion. Les réformés s'indignent, moins contre le fait matériel de la vente que contre la théorie attribuant une valeur - - fictive selon eux — à ces indulgences 3 ; baser sur les mérites des saints une partie du salut des croyants c'était, aux yeux d'un calviniste, porter une grave atteinte à la toutepuissance miséricordieuse de Dieu. La papauté, comme la messe, et au même titre, apparaissait alors comme une œuvre de Satan. L'autorité ecclésiastique, faisant intervenir le pouvoir civil, avait beau interdire aux réformés de rien écrire contre « l'Antéchrist, » ils n'en continuaient pas moins à penser ce qu'ils cessaient d'imprimer.

La papauté n'est que le clef de voûte de cet imposant édifice que constitue l'Eglise romaine 4. Aussi, parmi les matières controversées, immédiatement après ces deux points essentiels : la messe et la papauté, avons-nous rangé, par ordre d'importance, l'Eglise. Non que tous les controversistes aient fait, dès

1. Les p. 391 à 462 de la Défense de la foi sont consacrées à ce sujet : de la primauté du pape, à propos de l'art. XXIII de la déclaration du roi Jacques.

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