Cf. Rotan, Response à Cayer, p
3. Voici la théorie (de Bellarmin) telle qu'un canne l'explique à Du Moulin : « Le pape ramassoit ce qui est de superabondant des satisfactions des saints, c'est-à-dire ce qu'ils avoyent souffert plus qu'il ne leur faloit pour payer la peine due à leurs péchés, et mettoit tout ce surplus comme en une bourse, et l'ayant meslé avec ce qui est de superabondant du mérite de Jésus-Christ, le distribuait par les indulgences pour la rémission de nos péchez » (Narré, p. 40).
4. Du Juge des Controverses, chap. IV. < Quel est le sens <le cette proposition : Que l'Eglise est juge souveraine et infaillible des doutes et matières de foy ? » Du Moulin dit : « Par ce mot d'Eglise nos adversaires entendent seulement l'Eglise romaine et quelquefois le pape seul, quelquefois le pape avec quelque peu de prélats. »
272 l'église RÉFORMÉE DE PARIS SOIS HENRI IV
notre époque, expressément figurer eette rubrique dans leurs disputes, comme plus tard Bossuet et Claude traitant de la matière de l'Eglise. Mais à propos de chaque autre question il fallut de plus en plus se rendre compte de la différence et souvent de la divergence des autorités invoquées : Parole de Dieu pour le protestant, Eglise pour le catholique. L'Eglise restait d'ailleurs, pour un P. du Moulin, quelque chose d'extrêmement important, une institution sacrée ; c'était un sujet sur lequel un réformé avait alors des idées beaucoup plus fermes, plus cohérentes, que ce n'est le cas pour certains protestants de nos jours. La doctrine de Du Moulin coïncide encore ici avec celle de l'Institution ; or la pensée de Calvin sur ce point comme sur beaucoup d'autres se rattache authentiquement à celle de Saint Augustin et des anciens docteurs : l'Eglise est la mère des fidèles, dont Dieu est le Père. C'est donc avec une égale passion que, de part et d'autre, on définit d'abord la véritable Eglise, et chacun dit ensuite : la mienne répond à cette définition. Mais il y a cette différence essentielle que le catholique romain dit : la mienne seule y répond.
Le mot Eglise ne peut donc être appliqué, dans le vocabulaire catholique, qu'à la seule Eglise catholique : « un Estât qui a son pouvoir et son règlement, un royaume qui a ses magistrats et ses officiers 1 ; » aucune autre société humaine n'a le droit de prétendre à ce nom d'Eglise -. En vain les réformés objecteront-ils qu'ils ont les marques de la véritable Eglise : l'Ecriture sninte et deux sacrements ; ils les ont non comme des héritiers légitimes mais comme des voleurs : « ce sont les meubles sacrés de ceste bonne mère que de mauvais enfans luy ont emportés, et en font comme le faux monnoyeur qui a emporté les coings de la monnoye ;5 » : à quoi, s'emparant de cette comparaison pour la tirer à son avantage, le controversiste protestant réplique :