‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 226 sur 558 · Rotan, Response, p · texte numérisé non relu

Rotan, Response, p

2. Cayer, Remonstrance, p. 85 : « Puis donc que les prétendus réforme/ ne gardent pas la forme apostolique, n'ayans point d'Evesques et estans çans chef, sans ordre, sans sacrifice, sans cérémonies, il s'ensuit en bonne conséquence qu'ils ne sont pas l'Eglise, mais une hérésie et un schisme. »

3. Rotan, Response à Cayer, p. 43 : « Il y a grande différence de concéder que l'Eglise romaine est une Eglise particulière, pleine d'erreurs, et de dire qu'elle est la seule Eglise catholique ; » tel est son respect pour le mot église que loin de l'appliquer (comme les protestants le font aujourd'hui sans scrupule) au lieu de culte protestant, il reproche aux Jésuites de remplacer par ce mot église celui de temple, qui désignait au xvi" siècle les lieux de culte catholique : <• Les Jésuites enseignent que les temples ausquels s'assemblent les chrestiens peuvent estre nommés églises, mais c'est parler fort improprement et mesmes abusivement » (Response, p. 65). Cf. notre lemarque sur le mot préehe.

4. Rotan (Responce, p. 127i relève cette contradiction : « Se disant d'un costé Eglise locale et particulière en tant qu'elle se nomme romaine, elle veut d'ailleurs estre tenue pour seule catholique, c'est-à-dire Eglise particulière et universelle tout ensemble : chose non seulement absurde, mais aussi ridicule. »

5. Cayer {Lettre à Damours) citait cette formule en concluant : « Commenl aurais-je pu demeurer pour faire mon salut là où il n'y a point d'Eglise ? » Rotan (Response, p. 135) réplique : • Cela s'entend seulement de la vraye Eglise catholique. D'où il appert tpie Cayer s'estant révolté des Eglises réformées, membres de l'Universelle, s'est retiré du lieu auquel il pouvoit faire son salut et s'est précipité au gouffre de perdition, puisqu'il s'est volon-

l'existence de plusieurs Eglises particulières ; il estime que la sienne est la plus fidèle à la Parole de Dieu, mais il reconnaît qu'il y a dans d'autres Eglises des personnes qui peuvent être sauvées, si elles ont la vraie foi l.

L'Eglise invisible est seule catholique c'est-à-dire universelle. Et les controversistes des deux partis s'accordent pour reconnaître que ces deux traits doivent caractériser la véritable Eglise : l'universalité et l'antiquité ; ils s'accordent aussi... pour refuser ces caractères à l'Eglise adverse.

Rotan appelle « vrais catholiques chrestiens ceux qui ont renoncé aux abus et traditions de Rome, » opposés aux « prétendus catholiques romains -, » et Jacques Ier disait : « Je suis catholique chrestien ; » mais en général les « prétendus réformés » n'ont pas désiré s'intituler « catholiques, » tout en revendiquant pour la véritable Eglise, à laquelle ils veulent appartenir, la catholicité. Ils se bornent à constater qu'aucune Eglise visible ne peut légitimement porter ce titre, et se plaisent à énumérer les nombreuses communautés chrétiennes non ratta-

tairement plongé aux abominations de l'Eglise romaine qui n'est, à proprement parler, vray membre de la catholique. » Remarquons qu'en prétendant ainsi reconnaître si quelqu'un est, ou n'est pas, membre de l'Eglise invisible, Rotan se met ici en contradiction avec le véritable principe de l'Ecriture sainte qu'il a cité plus haut (p. 70) : « Dieu connaît ceux qui sont siens. »

1. Il y a, il faut le reconnaître, quelque chose d'équivalent dans ce que Du Moulin appelle la « boutique de Cayer ; » mais on sait qu'elle renfermait, pour les besoins de la cause, des arguments parfois peu conformes à la doctrine officielle, et qui sentent encore le fagot. Pour décider Madame à devenir membre de l'Eglise romaine, il veut lui persuader que ce serait le meilleur moyen de retrouver dans le ciel sa mère, membre de l'Eglise réformée, et voici comment il présente ce raisonnement (Remonstranee, p. 96) : .< Regardez, Madame, aux exemples des saincts de vostre royalle maison qui vous invitent à leur tenir compagnie en la fruition du royaume bienheureux du Paradis, là où je eroij aussi particulièrement (/ne l'âme généreuse de la feue royne Jeanne si bonne mère de vostre Altesse est colloquée en la grâce de Dieu, d'autant qu'elle s'est rendue à Dieu avec ceste dévotion. Or nous tenons que le va>u tellement fondé en la fou des promesses de Dieu et (ccompagnè d'une vraije contrition faite de cœur et d'affection est équipollent à tous autres plus signalez effects d'une précédente conversion à qui par la grâce de Dieu en aurait eu le moyen. » Evidemment pour une reine ou une duchesse il devait y avoir au ciel des accommodements. Mais on pouvait répondre à Cayer : pourquoi abjurer, si le même résultat est obtenu sans abjuration ?

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