‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 231 sur 558 · L EPISCOPAT · texte numérisé non relu

L EPISCOPAT

« l'Eglise d'Angleterre est moins irreligieuse que les calvinistes de France 1. » Ce n'est pas sans quelque surprise qu'on voit — dans les circonstances rapportées plus haut - — Du Moulin traduire, commenter et approuver presque sans aucune réserve la déclaration de foi du roi anglican comme exprimant la foi de l'Eglise réformée : « Nous avons estimé nécessaire, lui dit-il en propres termes, de monstrer au monde que la religion que vous défendez est aussi la nostre"' ». « Au fond et en tous les points de la doctrine nous sommes d'accord avec les Eglises angloises, frères en nostre Seigneur Jésus-Christ, membres d'un mesme corps, sensibles aux douleurs communes, et qui estimons leur querelle estre la nostre, comme personnes tendantes à mesme but et par mesme chemin quoique vestus de différente couleur 4. »

Du Moulin fait cette déclaration catégorique tout exprès après avoir réfuté une objection chère aux catholiques. Elle portait non sur la doctrine mais sur la discipline, sur l'organisation hiérarchique de l'Eglise anglicane : Voyez, disait-on aux docteurs réformés, vous condamnez l'épiscopat dans l'Eglise romaine, vous proclamez dans votre propre Eglise l'égalité des pasteurs, et vous approuvez cependant l'Eglise anglicane qui a maintenu l'épiscopat ! La contradiction, répliquaient les réformés, n'est qu'apparente ; Calvin trouve légitime l'institution de superintendants (ou évêques), et il en existe dans plusieurs Eglises pra~ tiquant le système représentatif (assemblées de pasteurs et d'anciens : consistoires, colloques, synodes). S'il n'y a pas d'évêques dans l'Eglise réformée de France, c'est par suite de circonstances tout à fait secondaires, contingentes, et nullement pour une raison de principe. Tous les réformés, sans doute, ne raisonnaient pas ainsi, mais beaucoup auraient accepté volontiers le système incidemment préconisé par Du Moulin : combinaison du régime

1. Réponse à ld déclaration du roi Jacques, p. 13 (à propos dos fêtes des siiints). Il ost à remarquer que Du Moulin, sur ce point, critique (Défense de la foi, art. VI) les objections do Coëffeteau, mais no dit rien pour approuver la confession du roi : « Je révère la mémoire dos saints, mis on rôle par l'autorité de l'Ecriture. »

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