Cayer, Remonslrance, p
2. Du Moulin après l'avoir combattue tient à dire : « Celui nous fait tort qui estime que nous remettons ce signe et mesmorial de la passion : nous en voulons seulement à l'abus et à l'idolâtrie » (Défense de ht foi/, p. ;i.">r>>.
3. Du Moulin (Défense de la foi/, p. 309) : « A Paris à Saint-Sulpice il y a une pierre d'une fontaine en laquelle la Vierge Marie lavoit les drapeaux de Jesus-Christ nouveau né. On nous a monstre à nous-mesmes à Saint- Denis la lanterne de Judas, etc. ». « M. d'Evreux a rapporté de Rome des grains bénits auxquels est donné vertu de conférer cent ans de vrai pardon ; liuj mesme me l'a confessé devant Madame » (Cartel, p. 25).
288 l'église réformée de PARIS SOIS HENRI IV
l'un et l'autre traversé Paris, ils y auront l'un et l'autre des partisans décidés, mais en 16 10 les doctrines qu'ils ont mises en vedette sont encore à l'arrière-plan, peu de contemporains se rendent compte qu'il y a là un sujet d'intérêt primordial à discuter. On est surpris de voir des théologiens comme Cayer et Du Moulin disserter gravement et longuement pour savoir qui a brisé la tête du serpent, si c'est la Vierge Marie - - comme le dit Cayer — ou Jésus-Christ — comme le dit Du Moulin i — , sans paraître se douter qu'ils effleurent un sujet fondamental, qu'ils se trouvent là sur une frontière à délimiter entre les deux doctrines : la grâce de Jésus-Christ suffit-elle ou non pour que le croyant soit sauvé ? Sur cette question s'en greffe une autre : qui est croyant ? d'où vient que l'un ait la foi qui sauve, et l'autre non ? La doctrine de la prédestination n'apparaît presque pas dans l'Institution chrétienne sous sa première forme, mais Calvin dans les éditions suivantes a donné à cette idée un rôle toujours plus prédominant, et à de rares exceptions tous les théologiens réformés avaient adopté cette manière de voir. « Pour estre vray membre de l'Eglise il faut estre appelle selon l'élection de grâce -. » Cela allait de soi, si bien qu'on jugeait à peine nécessaire d'en parler. Du Moulin, qui prendra parti d'une façon si éclatante dans les luttes futures entre protestants, au temps du synode de Dordrecht, Du Moulin consacre quelques lignes au plus à ce sujet dans ses ouvrages antérieurs à 1610. Et les catholiques semblent, par leur silence, approuver la doctrine réformée : presque seul, l'ancien pasteur Cayer fait des réserves •". Cependant si les œuvres des hommes, les mérites des saints, les prières pour les morts, etc., jouent le rôle que disaient alors ces mêmes docteurs catholiques, il est difficile de comprendre comment ils n'ont pas concentré toutes leurs énergies pour attaquer la doctrine qui fait dépendre de la seule volonté de Dieu le salut de l'homme ; et il est aussi difficile de comprendre comment les docteurs réformés n'ont pas concentré, de leur côté, toutes leurs énergies pour mettre cette doctrine en pleine lumière, au lieu de suivre leurs adversaires dans un dédale de questions secondaires.