‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 243 sur 558 · Narré, p · texte numérisé non relu

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2. Cette expression se trouve dans une page où le roi Jacques exprime la même préoccupation : « Je finirai par une prière à Dieu qu'il vous oste ceste sécurité léthargique et nous mette au cœur ce à quoy nous sommes obligez pour planter et espandre l'Evangile en droite conscience selon l'ordonnance de la Parole de Dieu. Quasi lu moitié de l<i Chrestienté s'est jointe à nostre religion ou au moins est sortie de Babylone. Frères et cousins très chers, je vous prie (pie nous dardiez entre nous l'unité de lu vraie fog el rejetiez toutes les questions impies el inutiles » (Exhortation aux rois et princes (1609) traduite par Du Moulin dans {'Accomplissement des prophéties, chap. XIII).

courant des méthodes de discussion où l'on était passé maître dans la capitale. François de Sales lui-même, alors missionnaire dans le Chablais, venant à Paris en 1002 J « y fut un peu écolier et s'aperçut à ses dépens qu'il ignorait les méthodes nouvelles de la controverse. Un jour il resta court dans une discussion avec un hérétique. Lui-même en fit l'aveu. Henri IV lui recommanda d'étudier la théologie - - entendez la théologie dite positive — et un an après son départ de Paris il promit de s'y appliquer de toutes ses forces -. »

Après chaque conférence on étudiait les questions, avec de nouveaux documents et on se préparait aux conférences futures, dans les « laboratoires », les « champs d'entraînement » ou les écoles d'apprentissage de l'un et l'autre parti : à la Sorbonne, dans les collèges et les couvents, comme dans les Académies protestantes, les colloques, synodes, etc.

Mais la portée des controverses dépassait de beaucoup le cercle relativement restreint des docteurs et des ecclésiastiques. Nous avons donné maint exemple du retentissement qu'une conférence avait dans toute la ville et bien au-delà des murailles de Paris, et du bénéfice qu'en retirait surtout la « cause » réformée. Au moment même de la conférence, par le fait des débats plus ou moins publics, puis des comptes rendus manuscrits et imprimés, on jouissait du maximum de liberté alors possible en France, et même en Europe, en fait de liberté de la parole, de la pensée, et de la presse. Les péripéties et les résultats des discussions engagées à Paris étaient bientôt connus, dans l'Europe occidentale, par tous ceux qui constituaient, en diverses Eglises, les éléments les plus vivants de la Chrétienté. Et de cette manière — assez inattendue — pasteurs et prêtres faisaient œuvre vraiment « catholique », au sens « universel », international, mondial, que l'étymologie réclame d'après les réformés eux-mêmes. Cela ne résultait pas seulement du fait que les comptes-rendus, dédiés à des personnages français ou à des collectivités françaises

1. Déjà au printemps de 1601 « coadjuteur et élu évèque de Genève » il était à Paris : le 27 avril il prononce à Notre-Dame l'oraison funèbre du duc de Mercœur (P. Cayet, Chronologie septénaire de 1605, 1. IV, p. 278 de l'édition de 161 li ; en 1602 il est revenu, délégué par l'évèque de Genève Cl. Granier pour débattre contre l'envoyé de la république Anjorrant l'application de l'Edit de Nantes au pays de Gex.

2. StrowsKI, .S'. François de Sales, 1898, p. 131 ; cf. Œuvres complètes de S. François de Sale$, édition Berche et Tralin, t. V, p. 451.

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