‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 245 sur 558 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p

2. Sommaire véritable, etc., Paris, Richer, 1602. Cf. p. 215. .'!. Du Moulin, Accomplissement des prophéties, chap. XIII. 4. Ci-dessus, p. 2:59.

de supprimer tel compte rendu dans l'intérêt de la paix publique. La controverse a aussi, étant donnée la méthode de discussion, fait perdre beaucoup de temps et de talent en ergotages misérables sur des points de détail.

Enfin, s'il est permis de tirer une conclusion aussi grave de simples hypothèses, les conférences ont rarement réussi à réunir de-ci de-là un réformé à l'Eglise catholique, et un catholique à l'Eglise réformée, mais elles paraissent bien avoir puissamment contribué à empêcher la réunion des deux Eglises. Certains esprits espéraient au contraire qu'elles pourraient favoriser cette réunion. Il n'en fut rien, et elle paraît beaucoup plus irréalisable en 1610 qu'en 1598 ; si l'on a pu avoir quelque espoir dans les temps qui ont précédé l'Edit, on doit y renoncer presque définitivement après l'Edit, et après ces controverses si libres, si sérieuses, qui ont eu lieu à Paris à la faveur de l'Edit. Chacun a appris, comme nous le disions, à mieux connaître son adversaire, mais chacun s'est affermi bien davantage encore dans sa propre conviction. Si l'on a constaté qu'il restait entre les deux Eglises bien des points communs, on s'est rendu compte, d'autre part, de plus en plus, qu'il y a des différences fondamentales, irréductibles. Le catholique et le réformé n'ont pas seulement une autre dogmatique, ils ont sur beaucoup de sujets autres que les sujets religieux une autre manière de penser, une autre manière de voir, ils ont un autre esprit.

Voilà ce qu'ont entrevu, confusément encore, mais pourtant sans pouvoir s'y méprendre, les orateurs et écrivains, auditeurs et lecteurs de controverses au commencement du xvne siècle, et voilà pourquoi, l'intérêt général du sujet dépassant de beaucoup telle ou telle fastidieuse vétille, on nous excusera d'avoir exposé peut-être avec trop de complaisance les diverses phases de la lutte. Ce n'est pas seulement une page de l'histoire de l'Eglise réformée de Paris, c'est une page de l'histoire de la civilisation, un moment de la pensée humaine.

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