‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 287 sur 558 · BAPTÊMES DE PRINCES ET DE PROTESTANTS · texte numérisé non relu

BAPTÊMES DE PRINCES ET DE PROTESTANTS

à leur mandataire Sully une vaine promesse. Il voulait réellement octroyer aux réformés ce que leur meilleur historien de l'Edit, Benoît, appelle lui-même « un passe-droit1, » et rapprocher le temple à moins des cinq lieues prescrites en 1598. Et justement (cette coïncidence n'a pas encore été remarquée, à notre connaissance) la question du baptême intervient comme un des motifs de la décision sollicitée depuis six ans, et ohtenue enfin du roi à la veille du. baptême de ses propres enfants. « Les Reformez, dit Benoît, observaient alors d'une manière fort rigoureuse de n'administrer le baptême que dans leurs assemblées. On disoit qu'il étoit mort plusieurs enfants en chemin, qui auroient pu être batisez si le lieu de l'exercice avoit été moins éloigné : raison qui pouvoit toucher les catholiques, à cause de l'opinion qu'ils ont sur la nécessité du batème 2. »

Les lettres patentes du 1er août, dans leurs considérants, visent expressément ce fait invoqué par les protestants de Paris : « Ablon est tant éloigné de ladite ville qu'ils ne peuvent aller ny revenir en un jour, même en temps d'hyver qu'avec grande incommodité, ny y porter leurs enfans pour les y faire baptiser sans péril, en les exposant à l'injure de l'air par un si grand chemin :î. »

L'Eglise de Paris, probablement par l'intermédiaire des députés généraux Ch. du Cros et La Noue, avait désigné deux villages entre lesquels le roi choisirait celui où aurait lieu l'exercice. En première ligne était Ivry, facile d'accès par la route d' Ablon ou par la Seine, et à portée des protestants de la rive gauche si nombreux dans les faubourgs Saint-Marcel, Saint-Victor et Saint- Germain.

« Pour aucunes bonnes causes et considérations » que le roi ne nous fait pas connaître, il ne choisit pas Ivry, mais Charenton-Saint-Maurice, à la même distance, de l'autre côté de la Seine, plus près de l'Arsenal et de la Bastille : Sully pourra, de là, mieux surveiller et au besoin protéger la sortie et la rentrée des réformés.

Cette décision fut prise après enquête de deux conseillers d'Etat

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