‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 288 sur 558 · Hisl. de l'Edit, I, p · texte numérisé non relu

Hisl. de l'Edit, I, p

2. Il ajoute : <• De plus les étrangers et les seigneurs de la cour se plaignoient qu'il leur etoit impossible de rendre leurs devoirs à Dieu et au Ro> dans un même jour à cause de cette grande distance où ils étaient ob'igez d'aller faire leurs dévotions a (/oc. cit.).

3. Le FÈVRE, op. cit., document reproduit dans le B. h. p., 1854. p. 421.

chargés de visiter les lieux : « Ouy vostre rapport, nous avons ordonné que ledit exercice seroit transféré dudit lieu d'Ablon en celuy dudit Charenton-Saint-Alaurice. »

De ces conseillers l'un, Jeannin, avait été l'un des deux commissaires exécuteurs de l'Edit à Ablon comme dans toute la généralité de Paris ; le commissaire protestant, M. de Montlouët, vivait encore, mais ce n'est pas lui qui accompagne Jeannin à Charenton ; il est remplacé par un collègue de celui-ci au Conseil d'Etat que nous n'avons aucun lieu de croire protestant, Guillaume de l'Aubespine, seigneur de Chàteauneuf, gentilhomme possédant en Berry des propriétés voisines de celles de Sully, et apparenté au secrétaire d'Etat Claude de l'Aubespine qui, pendant les troubles, a plusieurs fois négocié au nom du roi avec les huguenots l.

Le 1H1 août, lorsqu'il signa les lettres patentes, le roi se trouvait précisément dans les parages d'Ivry et d'Ablon, à Fresnes. Pendant cet été 1606 une « peste » sévit à Paris ; pour cette raison accidentelle Henri IV pas plus qu'un simple protestant, en aucun temps — ne put faire célébrer à Paris même le baptême de ses enfants. Au lieu de Notre-Dame - il fallut se contenter d'une construction improvisée dans une cour de Fontainebleau. La même épidémie contribua peut-être à retarder aussi le transfert de l'exercice. Enfin, dans les dernières semaines de l'été, on voit se succéder l'inauguration du culte à Charenton le 27 août et les baptêmes à Fontainebleau le 14 septembre. Or, par un curieux concours de circonstances, nous avons été amené à penser que l'architecte du temple bientôt commencé à Charenton, et l'architecte du « baptistère » surmontant à Fontainebleau une porte du Primatice, artistes tous deux inconnus jusqu'à ce jour, pourraient bien être un seul personnage, un protestant : Salomon de Brosse ".

1. Ainsi en 1560 à l'assemblée de Fontainebleau il a lu la requête présentée par Coligny demandant « des temples où on peust publiquement prescher ; » en 1562 avant la bataille de Dreux il a discuté l'article concernant l'exercice <• bors la ville et faux bourgs de Paris (Hist. ecclés. des ég. réf., I, 276 ; II, 199). Charles de l'Aubespine, futur marquis de Châteauneuf et garde des sceaux, fut en 1609, comme Jeannin précisément, ambassadeur extraordinaire auprès des Ktats Généraux.

Page 1