CHARENTON ET FONTAINEBLEAU
Même à la cérémonie de Fontainebleau, par un raffinement d'impartialité protocolaire, la balance fut tenue aussi égale que possible entre dignitaires catholiques et protestants : si le cardinal de Joyeuse représente le pape Paul V comme parrain du dauphin, c'est Sully qui porte le coussin ; pour l'aînée des princesses la duchesse de Sully « départit les honneurs ; » la duchesse de Rohan déshabille la princesse, après que la duchesse de Guise et Mademoiselle de Mayenne eurent découvert le lit. Dans le cortège, Mademoiselle de Rohan « soutenoit et portoit la queue du manteau d'hermine *. » Les principaux représentants des deux partis avaient ainsi leur rôle à jouer côte à côte. Seul le duc de Bouillon s'abstint de paraître, ne voulant pas qu'un prince souverain de Sedan marchât derrière Sully et les autres ducs et
pairs 2.
Ainsi se trouvent involontairement mêlés à l'histoire du culte de Charenton, dès ses préliminaires, le futur roi et la future régente dont le pouvoir ne devait pas durer jusqu'à la destruction de ce temple.