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Mém. de Sully, II

4. En 1568 déjà les registres d'écrou de la Conciergerie, dont le B. h. p. (1901, p. 575) a publié des extraits, signalent parmi les hérétiques arrêtés ou condamnés Georges Delolme, orfèvre, rue de la Heaulinerie, près le Coq ; Claude Beleu, maître orfèvre, même adresse ; Richard Boursette. maître orfèvre, rue S. Avoye ; Claude Picot, orfèvre, rue de Grenelle ; Pasquier Guiart, compagnon orfèvre, rue Guéri n Boisseau (voir ci-après ch. VII, § 2) ; Guillaume Pinsson, maître orfèvre, rue Fontaine-Maubue ; Jehan Boursette, maître orfèvre, rue Marmauls, etc.

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l'orfèvrerie » avait douze « gardes » élus pour deux ans, à raison de six chaque année. Une de leurs fonctions était de surveiller le titre des métaux employés et de les faire poinçonner. L'orfèvrerie, en général, relevait assez naturellement de la Cour des monnaies : toutefois en diverses circonstances, le Parlement, soit en appel, soit en première instance, avait eu à intervenir dans ces affaires, notamment pendant les moments de crise religieuse plus aiguë, vers 1548-1554 et 1580-1583 *. Après la promulgation de l'Edit de Nantes la Cour des monnaies, le 27 mars 1(300, avait invité les maîtres orfèvres à désigner et à lui envoyer deux commissaires « pour eux ouyr sur le faict de l'eslection des jurez et gardes et estre ordonné ce que de raison2 ». « Ce que de raison, » c'était l'admissibilité aux charges, à tour de rôle, de tous les orfèvres reçus maîtres depuis assez longtemps.

La tendance d'un parti très catholique, qui était en majorité, consistait au contraire à évincer les protestants, et, entre autres moyens employés pour cela, à maintenir en charge par des réélections successives les mêmes gardes choisis souvent dans les mêmes familles. Les réformés et quelques catholiques plus libéraux protestaient contre ce système oligarchique. L'édit sur les maîtrises d'arts et métiers du 25 janvier 1602 avait soustrait les orfèvres à certaines de ses prescriptions générales, mais non à celles de l'Edit de Nantes. Des difficultés se produisaient chaque année à la suite des élections des gardes, celle de maîtres protestants étant toujours contestées. Des jugements de la Cour des monnaies à la fin de 1601, de 1603, de 1604, sont nécessaires pour assurer l'entrée en fonctions des « gardes » nommés pour l'année suivante. Ainsi pour 1605 Samuel Thouzet, Le Court, Marquadé et Hémant (soit quatre sur six nouveaux élus) sont « reçus par provision » par la Cour des monnaies, « sans préjudice de l'opposition » formée par des maîtres catholiques 3.

Mais la Cour était soupçonnée d'être favorable aux protestants 4. Sa compétence était contestée. On prétendait que le Parle-

1. Le 10 mars 1580 Nicolas Dalle » compaignon orfcbvrc appellant du jugement donné à la Court des Monnoyes » est condamné « à estre battu Bt fustigé nud de verges, et cent escus d'amende. » Le 5 décembre 1580 (Pierre Vuatier, maître orfèvre, défendeur) il est ordonné qu'il sera procédé aux élections « suivant leurs privilèges » (Arch. nat., E 24c, f° 41, r°, arrêt du Conseil d'Etat du ,'5 déc. 1609, publié ci-après, Pièces justificatives, XXII.

2. Arrêt du Conseil d'Etat du 3 déc. 1609, E 24c, f° 42, r°, :S. Arrêt de 1609, E 24c, f» 40, r° et 42, v\

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