‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 325 sur 558 · LES ORFÈVRES · texte numérisé non relu

LES ORFÈVRES

ment avait seul qualité pour valider ou invalider ces élections. Il y avait là un conflit de juridiction bien fait pour passionner les juristes catholiques et protestants. L'affaire vient jusqu'au Conseil d'Etat. Un arrêt du 13 août 1005 ordonne que le procureur général du Parlement et le procureur en la Cour des monnaies << seront ouys sur le différend. » Mais les choses traînent en longueur. Lorsque revient le moment de faire les élections pour 1007, certains maîtres, « soy-disans la plus grande et plus saine partye des orfehvres, » protestent par acte notarié contre certains autres qu'ils accusent d'avoir présenté une requête au Roy « tendant affin de changer l'ordre de tout temps estably en l'eslection des gardes. » Il est probable qu'il s'agissait d'être dispensé de certaines conditions et cérémonies religieuses, et peutêtre que les trois catholiques nommément désignés : Hallevault, Pollux et Ferré, avaient eu moins de voix que les trois protestants cités : David Vimon, Paul de Louvigny, Laurent du Couldray1. Les « maîtres orfèvres faisant profession de la relligion prétendue reformée » présentent leurs « moyens d'intervention. » Tout cela, précisément au moment où le culte allait être transféré d'Ablon à Charenton. Trois ans se passeront encore en dits et contredits, enquêtes, compulsoires, jusqu'à la solution finale, favorable à l'admission des protestants -.

Un des points mentionnés à diverses reprises au cours de cette longue procédure est celui du serment. Il y a toujours eu des difficultés à ce sujet dans les pays où des dissidents éprouvent quelque scrupule religieux à jurer suivant les formes établies pour les membres de l'Eglise la plus nombreuse ; et l'Edit de Nantes renfermait une disposition spéciale en faveur des réformés (art. XXIV) : « Etans appeliez par serment, ne seront tenus d'en faire d'autre que de lever la main, jurer et promettre à Dieu qu'ils diront la vérité. » Mais il fut nécessaire de rappeler fréquem-

1. Les Louvigny ont été propriétaires d'une petite maison proche du temple de Charenton. Laurent du Coudray et Catherine Orvuet sa femme

font le 9 mars 1595 baptiser à Paris leur fils Jean. Le parrain est .Jean Anjorrant, sr de (Haye (/>'. h. /)., 1872, p. 219). Les mêmes registres (//>.. p. 222 et 266) mentionnent deux autres orfèvres, en 16(l(t Béliard (Belial), en 1609 Marchant — peut-être le membre du Consistoire Kusèbe Marchand ;/i. h. p., III, 432).

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