Pièces justificatives, XVI
410 l'église réformée de PARIS SOIS HENRI IV
droits, tant en jugement que dehors, être faites par procureur soin le nom du corps et communauté de ceux de ladite religion qui aura intérêt. »
Le procureur est donc une sorte d'administrateur délégué, de fondé de pouvoirs : en justice, et partout ailleurs où les intérêts matériels sont en cause, il est chargé de représenter officiellement une société ; mais on a peine à trouver un terme juridique satisfaisant pour qualifier cette société, puisqu'on entend réserver aux catholiques les mots Eglise et Consistoire ; l'Edit parle donc de « corps et communauté. » Le procureur cumule les fonctions plus tard ordinairement réparties entre deux trésoriers distincts : celui du Consistoire, pour les frais du culte, et celui du diaconat pour la caisse des pauvres. Dans les ordres religieux il y avait et il y a encore un « procureur général » qui en toute circonstance s'occupe des questions pécuniaires. Le même mot procureur était transporté dans le droit ecclésiastique et administratif protestant, et probablement c'était aussi un procureur général. Remarquons cependant que la procuration rédigée par Me François ne semble pas générale, valable pour d'autres actes du même genre, mais spéciale à celui-là. Il eût fallu, alors, une déclaration semblable des ministres et anciens pour chaque cas analogue. Cependant, le 31 juillet suivant, dans la promesse de paiement de rente relative au terrain du temple d'Ablon, le même Ferreur figure, avec J. Courtin, sans procuration spéciale : il est vrai qu'il ne s'agit plus là d'un legs.
Enfin, par un troisième acte, les héritiers reconnaissent que le legs de cinq cents livres a été fait (ceci est ajouté en marge) « aux pauvres de l'Eglise réformée de Paris sous le nom dudit deffunct » et que « ledit legs appartient aux pauvres, n'ayant iceux de la Rogeraye que preste leurs noms. »
Il y avait aussi trois cents livres pour les pauvres de l'Eglise réformée de Paris parmi les legs que fait en 1605 une survivante des grandes luttes du siècle précédent : Elizabeth d'Autheville, veuve du cardinal de Châtillon, Odet de Coligny 1. Isaac Arnault, contrôleur général des restes, Jehan Georgeau, procureur au parlement et Pierre Danice, maître d'hôtel de la testatrice, ses exécuteurs testamentaires, étaient chargés de remettre cette somme (( entre les mains des ministres ou antiens de ladite Eglise