‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 350 sur 558 · Pièces justificatives, IX · texte numérisé non relu

Pièces justificatives, IX

jours choisis parmi les « anciens » qui étaient avocats ou procureurs : c'est pourquoi aussi nous voyons la clientèle du Consistoire - - comme celle de beaucoup de protestants pour leurs affaires privées - - assurée au notaire François. Souvent des personnes habitant ordinairement la province profitaient d'un séjour à Paris pour y faire et déposer en lieu sûr leur testament x. Le synode national de 1007 - recommanda formellement aux fidèles, pour faire des donations, de s'adresser en première ligne « aux notaires qui font profession de la religion réformée. » A Paris — nous l'avons rappelé, François était seul dans ce cas, et sa religion lui valut bien des désagréments. Les autres notaires refusaient parfois d'instrumenter avec lui et il fallait les y contraindre par autorité de justice •"•. Il fut même emprisonné au sujet du testament d'une protestante sans enfants qui, déduction faite de quelques legs, laissait « le reste de son bien aux pauvres de l'Eglise réformée. » Ses collègues catholiques accusèrent Me François de faux (1009). Le procureur du roi « devant Messieurs du trésor » allant jusqu'à demander la peine de mort, les députés généraux intervinrent, et les calomniateurs furent condamnés à des dommages et intérêts. Ils en appelèrent à la chambre de l'Edit... mais François mourut, trop tôt pour entendre confirmer la sentence qui le disculpait 4.

1. C'est le cas de Mme de Maridor en 1599. Elle donne « à l'Eglise réformée recueillie à Saumur la somme de deux cens escus pour estre employée aux pauvres et aux nécessités de ladite Eglise comme bon leur semblera. » En effet elle habitait en général l'Anjou, au château d'Avoir, paroisse de Longue (B. h. p., 1910, p. 419).

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