DÉPENSES DE L'ÉGLISE
lis nous n'avons encore trouvé aucun document sur ce point1. Nous nous abstiendrons donc de reproduire ici des données d'un caractère trop général, et passons à la question des dépenses.
§ 2. Dépenses
Sur l'exercice de la charité à Paris par les pasteurs et les diacres nous avons beaucoup de renseignements sur la période suivante, mais peu de choses sur celle-ci. Il n'y a pas encore, comme il y en aura plus tard, de frais spéciaux pour l'hospitalisation des malades pauvres : car il n'y a pas d'hôpital particulier pour les protestants. Dans tous les établissements publics la liberté de conscience devait être, en droit, absolue, depuis l'Edit de Nantes. En fait elle était singulièrement restreinte dans les anciens hôpitaux et dans les nouveaux confiés eux aussi à des congrégations : ainsi La Charité au faubourg Saint-Germain (1602) ou Saint-Louis au faubourg Saint-Martin (1606).
L'article XXII de l'Edit stipulait : « Il ne sera fait différence ni distinction pour le regard de la religion... à recevoir les malades et pauvres es hôpitaux, maladreries et aumônes publiques, » mais cette égalité théorique de traitement resta le plus souvent lettre morte. En 1606 les députés généraux demandaient « que les pauvres fussent reçus aux hôpitaux et aux aumosnes publiques à proportion du nombre des habitans et qu'on ne les molestât point pour la religion -. » A Paris la possibilité pour un pasteur de visiter les malades dans un hôpital était considérée comme exceptionnelle et le fait d'exhorter un prisonnier était regardé comme un acte d'une hardiesse insupportable à beaucoup de catholiques et admirable aux yeux des appréciateurs bienveillants s.
Cependant les protestants ne limitaient pas l'effet de leurs libé-
de ceux qui ont charges pour l'exercice de leurdite Religion, dont on baillera l'état audit Juge royal, pour icelui garler... Et seront les taxes et impositions desdits deniers exécutoires, nonobstant oppositions ou appellations quelconques. »
1. M. de Félice dans ses études si documentées sur les Protestants d'autrefois (les Conseils ecclésiastiques, 1899, p. 152 et suiv.) n'indique rien sur Paris et la plupart de ses autres renseignements sont très postérieurs au règne d'Henri IV.