‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 359 sur 558 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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l'histoire de la civilisation universelle une importance qui dépasse de beaucoup les bornes de la chronique locale ou de l'histoire ecclésiastique. La question de l'autorisation du culte public pour les membres des minorités religieuses se posait alors dans toute l'Europe, notamment dans les capitales. L'unique représentant, à cette époque, de la presse parisienne, le Mercure françois, est remarquablement bien informé de certaines nouvelles étrangères ; il ne manque pas de signaler à ses lecteurs divers cas analogues à celui d'Ablon et Charenton : en 1605 par exemple il note l'attitude libérale du tsar orthodoxe : « les Livoniens ont un temple hors les murailles de Moscou, où ils preschent à la luthérienne. Il est permis à toutes nations, de quelque religion qu'ils (sic) soient, d'y vivre en liberté de conscience 1. »

Par un contraste piquant, en 1606 — l'année même où le roi très chrétien permet comme le tsar la construction d'un temple près des murs de sa capitale, — la république de Venise, voulant impérieusement soumettre les affaires ecclésiastiques au contrôle du pouvoir civil, interdit aux catholiques de construire des églises sans la permission du Sénat. Et Paul V ayant, pour ce fait, excommunié les Vénitiens, le journaliste parisien cite un de leurs arguments contre le bref du pape : « C'est qu'en France encore à présent il n'est permis de bastir une Eglise sans lettres patentes du roy vérifiées en Parlement 2. »

1. Mercure de 1605 (édition de 1619, p. 42, v°). En cette année, à Boris Godunov succède un autre usurpateur : Grégoire Otrepiev (Dmitri V).

1. Mercure de 1606, édition de 1619, p. 82. C'est en 1607 que s'arrêtent les Lettres et Ambassades de Ph. Canaye, nommé ambassadeur à Venise en 1601 aussitôt après son abjuration (voir ci-dessus p. 199). Celle-ci n'était nullement nécessaire pour lui assurer la bienveillance de Fra Paolo Sarpi : au contraire le « consulteur de la République, » redoutable adversaire de la papauté, avait des amis personnels parmi les plus illustres réformés français : Casaubon par exemple, à qui le pasteur Charnier écrit en 1601 : « Paulum illum monacbum, te nommante, amo ; laudante etiam, miror » (B. h. p., 1886, p. 367). Casaubon écrivit à propos de ces affaires de Venise en 1606, à la demande du roi lui-même, un livre qui fut ensuite supprimé à la requête du pape : De libertate ecclesiastica (Hanov., 1607, in-8° ; Fr. pr., 2" éd., III, 819). En réponse à un Avis du cardinal Baronius à Paul V le pasteur Vignier de Blois publia un petit écrit que l'Estoile estime « drolesque et plaisant, mais bien fait » (Journal, 16 sept. 1606). J. Hotman de Yillers était en rapports fréquents avec l'ambassadeur vénitien à Paris et lui fournissait, comme arsenal d'arguments contre le pape, un ouvrage de son père (Brutum fulmen, etc.) ; cf. lettre de Hotman à Du Plessis-Mornay,

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