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LA PAIX INTÉRIEURE ET EXTÉRIEURE

d'où tout retentit en France, l'éloquence austère des ministres en face des échos de la Ligue, des sermons en calembours, en rébus, en madrigaux, où brillait l'esprit des jésuites, ce fut un grand coup de parti. » Et Michelet en tire même une conclusion quelque peu excessive : « Chacun se tint pour averti. Quoique le roi continuât un simulacre de bascule, on vit bien, dans les grandes choses, qu'il inclinait aux protestants. Personne ne fut étonné lorsque, peu après, il entraîna l'Angleterre dans un traité où les deux puissances couvraient définitivement la Hollande de leur garantie 1. » Avec Sully, dont nous avons rappelé la politique à l'égard des puissances protestantes, le meilleur artisan de cette œuvre de paix fut une autre auditrice des pasteurs de Charenton : la princesse d'Orange, Louise de Coligny.

En 1599 après le traité de Vervins, l'Edit de Nantes et l'établissement du culte à Ablon, Henry IV avait fait placer à Fontainebleau sa statue entre celles de 1' « Obéissance » et de ia « Paix -. » A la fin de 1606, comme nouveau symbole de l'amour du roi pour la paix intérieure et extérieure, Sully fit préparer — probablement par le directeur protestant de la Monnaie — les jetons d'or qu'il présenta, suivant l'usage, le premier janvier avec ses souhaits au souverain. On y voyait, selon le goût allégorique de l'époque, un temple de Janus devant lequel était planté un lis, avec la devise : clavsi cavete reclvdam. « C'était, » dit Sully, « pour signifier par la closture de ce temple que le roi avait donné la paix, et que l'on prist garde par l'ouverture d'iceluy qu'il ne declarast la guerre : laquelle devise le Roy trouva fort bien inventée pour expliquer son intention. C'était un avertissement aux puissances catholiques qui à l'extérieur menaçaient de reprendre les armes s'il devenait trop puissant en s'appuyant sur les puissances protestantes 3. »

C'était aussi un avertissement aux catholiques, à l'intérieur, de laisser les protestants français vivre librement sous le régime de l'Edit. Et qui sait si, inconsciemment, le ministre ou le eraveur n'ont pas trouvé le prototype du temple idéal de la paix dans l'édifice qu'on avait réellement inauguré, ou qu'on allait inaugurer en leur présence : le temple de Charenton ?

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