‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 364 sur 558 · Benoît, Hist. de l'Edit, I · texte numérisé non relu

Benoît, Hist. de l'Edit, I

3. Archives nat. : Terroir de Charenton, X. II, 155 ; III, 212, 127. 469, 854 ; iles et moulins, N. III, 202 ; clôture des prés entre le chemin de Saint- Maurice et celui qui longe le clos des religieuses du Val d'Osne, N. III, 1179. Cf. Archives de la mairie de Saint-Maurice, plan du xvnr siècle.

séjour en ce lieu. Je m'esbahis de ce que cette résolution a si tost changé. Je suis d'avis qu'il fasse ce que le Roy luy commandera *. » Ainsi, si la situation de Gharenton avait pour les réformés beaucoup d'avantages, elle présentait aussi quelques inconvénients.

Le plus grave dura sans trêve ni repos jusqu'à la Révocation : ce fut l'opposition acharnée, pendant trois générations, du seigneur du lieu -.

Jusqu'au commencement du XVIIe siècle les principaux droits seigneuriaux paraissent avoir été réunis à Charenton entre les mains de la famille Le Bossu. Elle en avait aliéné une partie au profit des Malon, seigneurs de Bercy : c'étaient surtout les droits relatifs aux territoires voisins de la Seine 3. Du côté de la Marne, en 1605, J. Le Bossu s'était dessaisi du petit château appelé l'Hôtel de la Rivière, sur le fief de ce nom appelé aussi fief de Thérouanne. Il ne possédait plus qu'une maison seigneuriale et quelques dépendances.

En 1606 son opposition contre les projets des protestants relatifs à l'Hôtel de la Rivière se manifesta violemment dès qu'il connut d'une part l'enquête confiée aux conseillers Chàteauneuf et Jeannin, d'autre part les démarches faites par le Consistoire. En 1687 un de ses descendants, François Le Bossu, exalte, dans une nouvelle requête, le zèle de son arrière-grand-père, et, dans l'ardeur de son admiration, lui attribue même le maintien du culte à Ablon depuis 1600 ! « Le bisaïeul du suppliant, non ins-

1. 21 août 1607 : c'est la plus ancienne mention datée où il soit question de Charenton dans les Mémoires de Sully (II, 191). Cf. deux lettres d'Henri IV à Sully, l'une du 29 novembre 1606 (ibid., II, 166) : « Vous me donnez advis de l'arrivée de mon cousin de Rohan à Paris [le 27]... Je veut que le jour avant que j'arrive à Paris vous l'envoyez à Rosny ou en quelque autre maison, que vous fassiez connaître à tout le monde le desplaisir que vous avez de ce qu'il m'a désobéy et que luy tesinoigne le regret qu'il en a ; » l'autre lettre est de novembre 1607 probablement (édition in-18 des (Economies royrdcs, t. IX, p. 383) : « Mon ami, mon cousin de Rohan m'est venu prier de lui permettre d'aller faire la cène à Charenton et sçavoir de moi si je n'aurais rien à vous écrire. »

2. Archives nat., anc. cote TT 321 n" 12; cote actuelle TT 240. Protestations de 1606, 1643 et 1670.

3. Arch. dép. de Seinc-et-Oise, A. 463. Etat d'estimation des droits de lods et ventes appartenant à M. de Rercy comme seigneur du bourg de Charenton-les-Carrières, et de Conflans, relevant en plein fief du roi à cause de sa tour du Louvre.

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