Voir ci-dessus p. 108 et
ACQUISITION D'i'N IMMEUBLE PAU LKS PROTESTANTS 437
royaume l. » Outre un iils qui eut aussi une grosse situation dans les finances, Gilles de Maupeou eut six filles, plusieurs turent fort bien mariées ; l'une eut pour fds N. Fouquet... Le surintendant des finances, d'ailleurs catholique, fut assez favorable aux protestants ; mais en passant souvent par Charenton pour aller à Vaux, il ne se doutait probablement pas que la construction du temple était due, en grande partie, à son aïeul.
L'acquisition faite en 1606 par M. de Maupeou eut lieu — comme les actes concernant Ablon — par devant M" François, assisté, cette fois, de Ma Moufle, en l'hôtel du vendeur M. de Chàteauneuf, rue de Béthisy -.
Le contrat est passé par M. de Maupeou « au nom et pour les ministres et anciens de la religion prétendue réformée : » procédé analogue à celui qui avait été suivi pour Ablon, mais alors quatre ans s'étaient écoulés entre l'acquisition et la déclaration officielle que cette acquisition était faite pour le compte des protestants. En 1606 c'est dans une pièce immédiatement annexée au contrat que M. de Maupeou déclare « que l'acquisition est au nom et profit des habitans de cette ville et fauxbourgs de Paris, faisant profession de la Religion prétendue réformée ; » le Consistoire n'a toujours point d'existence légale dans les actes officiels, et ces formules mêmes, encore trop claires au gré de certains catholiques, seront, dans des actes ultérieurs, remplacées par d'autres procédés juridiques permettant de passer sous silence l'existence d'une Eglise réformée.
Dans la circonstance le Consistoire est représenté par trois de ses membres laïques : deux avocats au parlement, C. Bochart et Elie Bigot :! et un secrétaire de la chambre du roi, Guilon. M. de Maupeou leur transporte sa nouvelle acquisition après avoir versé de la part des protestants une somme de sept mille livres. Ce sont donc les protestants qui ont payé, « des deniers de la communauté, » dit un acte de la même époque 4 ; et nous ne connaissons aucun document établissant — ni non plus, il est vrai,
1. Décades de Sermons, nouvelle édition. Genève, Chouèt, 1(>.").'{.
2. Elle correspond à la partie de la rué de Rivoli comprise entre les rues de l'Arbre-Sec et des Bourdonnais ; à l'angle de la première se trouvait l'hôtel de Montbazon où mourut Coligny, à l'angle de la seconde. L'hôte] do la Trémoïlle.
.'{. Voir ci-dessus p. 164 et ci-après p. 441t. 4. B. h. />., 1854, p. 430.
438 l'église réformée de paris sors henri iv
excluant — l'existence d'une subvention royale analogue à celle qui deux ans auparavant avait couvert les frais d'achat du cimetière Saint-Père S ou à celle qui, peu après cette année 1600, formait un utile appoint pour la construction du temple de Dieppe -.
Le fait que l'achat était conclu en réalité pour l'Eglise de Paris n'est pas mentionné dans le procès-verbal dressé trois jours après par les deux commissaires du roi, d'un côté, et d'autre côté par les deux députés généraux des réformés : La Noue '■'>, et Ducros (suppléé peut-être pour la circonstance par Me Elie Bigot 4). Ils se transportent à Charenton et constatent que M. de Maupeou « consent ledit estahlissement et exercice estre fait en sa maison. -» Ainsi, sur deux points, l'acquisition du terrain à Charenton n'est pas aussi « officielle » que l'acquisition du terrain fauhourg Saint-Germain pour un cimetière : les frais ne sont pas sup-