‹ L'Église réformée de Paris sous Henri IVChapitre 367 sur 558 · Voir ci -dessus p · texte numérisé non relu

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2. Le premier temple, contemporain de celui d'Ablon et dont nous avons parlé ci-dessus, ayant été démoli par un ouragan, « le roi donna, de ses coffres, 2400 livres qui furent délivrées le 1" juillet 1608, pour aider a la réédification du temple » plus solide et plus grand, dont on possède un dessin (B. h. p., 1903, p. 73) et une description détaillée (.1. Daval, Hisioire de la Réformation à Dieppe, édition Lesens, 1878, t. I, p. 174) : « Tous ceux de la religion travaillèrent journellement en personne, à l'envy l'un de Vautre. Le premier sermon fut fait et la cène célébrée le 21 septembre 1603.

Sa matière est en bon bois de chesne, bien lié et entretoisé, ayant le

comble double partout, d'une structure très belle, très hardye et très bien formée à quatre culs de lampe, et par bon ordre d'architecture, sans ports ny collonnes au milieu ; tout couvert d'ardoise, et l'entredeux des ports extérieurs quy ferment les ayles garny de briques. Sa forme est presque ovale, de 18 pans, et 16 esgaux aux deux bouts, chacun de 8, joints de deux autres par les costés, de trente pieds de long chacun (plus de deux fois plus long que les autres). Son plus grand diamètre est de 110 pieds et le plus petit de 80. Les galleries de 12 pieds comprises en l'un et en l'autre... Un peristile de 22 poses ou colonnes de bois, distantes de dix pieds l'une de l'autre, est environné d'ailes, etc. Le tout revint à la somme de 14.091 livres 5 sols 2 deniers (outre les matériaux du premier bâtiment qu'on n'estimoit pas à moins de cinq ou six mille livres). <>

3. Il se considérait alors, ainsi que son collègue du Cros, comme arrivant au terme de son mandat (septembre 1606). Mais le roi ne voulait pas autoriser la réunion d'un synode national qui pourvût à leur remplacement. (Anqukz, Hist. des ass. polit., p. 221).

4. On lit en effet le nom de Bigot sur le procès-verbal que nous citons à la page suivante : c'est peut-être une erreur, en tout cas une anomalie qui n'a pas été remarquée jusqu'ici, p. ex. par M. Read reproduisant ce texte (B. h. p., 1854, p. 426).

ÉTABLISSEMENT DU CULTE -J.'i'.l

portés par le roi, et l'exercice est censé devoir se faire chez ni} particulier : ce particulier ne se borne pas, comme naguère Mercier à Grigny, à inviter ses coreligionnaires dans un local qui reste sa propriété privée, mais, comme Rucquidort à Ablon, il a prêté son nom pour l'achat d'un immeuble spécialement affecté au culte. A tous autres égards la procédure rappelle celle qui a été suivie en 1604 pour l'établissement d'un cimetière.

Ces détails sont curieux à relever : ils montrent les politiques, les ecclésiastiques, les réformés, les hommes de loi, encore hésitants sur les formes que chacun voudrait faire prévaloir eu faveur de ses intérêts, dans les actes accomplis en exécution de l'Edit de Nantes. Voici le texte de ce procès-verbal :

« Guillaume de l'Aubespine, sieur de Chasteau-Neuf et Pierre Jeannin, sieur de Montjeu 1, conseillers d'Estat, en conséquence des lettres patentes du premier aoust mil six cens six, s'estant transportez le vingt sixiesme dudit mois d'aoust au village de Charenton-Saint-Maurice, avec les sieurs de la Noue et Bigot, députez de la religion prétendue réformée, pour l'establissement de l'exercice de ladite religion, et ayant considéré ce lieu, ils ont trouvé que ledit exercice ne pourroit estre mis plus commodément qu'en la maison nommée plus communément la maison de la Rivière, ayant autrefois appartenu à Monsieur le chancelier Ollivier et à présent à Monsieur de Maupeou intendant des finances, qui consent ledit establissement et exercice estre fait en sa maison.

« Par quoy lesdits sieurs commissaires, en vertu desdites lettres patentes, établissent ledit exercice en ladite maison, au lieu de celuy qui souloit estre au village d'Ablon, avec deffenses de les troubler audit exercice, attendu que c'est l'intention de Sa Majesté. Et ont signé 2. »

C'était un samedi, un tiers de siècle presque jour pour jour, après la Saint-Barthélémy, et à la fin du mois d'août. Or dans la plupart des Eglises réformées, l'usage était de célébrer la sainte cène le premier dimanche de septembre :!. C'est donc probablement un service de préparation à la communion qui eut lieu, comme premier exercice du culte, le lendemain même du procès-verbal ci-dessus, sous la protection de la police, dans la maison de la Rivière, soit dans une salle, soit dans la cour, car il y eut grande affluence. « En ce mois d'aoust, dit l'Estoile, et le dimanche 27 d'iceluy, on commença à prescher à Saint-Maurice près le pont de Charenton, l'exercice de la religion qui se souloil

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