ÉTABLISSEMENT DU CULTE
Le jeudi 14 septembre a lieu une importante séance du Consistoire ; la procuration alors signée nous apprend quels étaient les anciens en fonctions. Des trois pasteurs, le plus vieux Antoine de la Faye, est absent, retenu par son grand âge, ou en séjour sur ses terres ; François de Lobéran et Pierre du Moulin sont qualifiés « ministres de la parole de Dieu en l'Eglise réformée de Paris recueillie à Charenton-Saint-Maurice par la permission du roy ; » viennent ensuite nobles hommes MPS Jacques Tardif, Thomas Ferreur l, Jean de Cleves, Eusèbe Marchand, Jean Prieur, et Jean Macharie, tous diacres et anciens, » six noms dont quatre se trouvent l'année précédente sur l'acte de vente de la « maison des degrés » à Ablon -. Suivent « Mes Charles Gergeau 3, procureur en Parlement, Paul Payen, advocat et procureur au Chatelet de Paris, et Pierre de Laulnay, conseiller du Roy et contrôleur ordinaire des guerres en Picardie : » ceux-ci sont, semble-t-il, des suppléants ou des anciens requis ultérieurement pour faire nombre ; ils sont qualifiés seulement « tous bourgeois de Paris, faisans profession de ladite religion. »
Les voilà donc « assemblés à l'issue du prêche, fait au lieu et hôtel seigneurial dit la Rivière, » et ils nomment « procureurs généraux et spéciaux » deux membres du Consistoire (dont le second figure déjà sur la liste de 1605), tous deux hommes de loi, Me Elie Rigot et M" S. du Fresnoy ; ils les chargent d'aller à. la maison seigneuriale de Charenton « pour illec faire foy et hommage et prêter le serment de fidélité ; » ceux-ci, en compagnie du notaire François, s'y présentèrent en vain : il ne s'y trouva « personne qui eût charge de les recevoir à ce faire. » Le gouvernement intervint alors pour forcer le seigneur récalcitrant à terminer cette affaire, et le 4 octobre il consentit à recevoir les deux représentants du Consistoire à son domicile parisien, rue de Grenelle.
Nous publions 4 l'acte par lequel il certifie avoir saisi G. de Maupeou de l'acquisition faite par lui « au nom des ministres, anciens, diacres, bourgeois et habitans faisant profession de la
tages, quo}' qu'il oust réuny à sa seigneurie de Charenton son ancien fief et manoir de la Rivière. De manière qu'il fallut de nouveaux ordres de Sa Majesté pour luy faire du moins accepter leur foy et hommage. »
1. M. Read a imprimé Ferier, Machavée, Gerigeau {B. h. p., 1854, p. 432).